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Critique de Visa transit #1

par vedge le mer. 11 déc. 2019 Staff

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Road movie nostalgique

La citation de Diderot, placée en préambule de l’ouvrage, donne le ton de ce récit, construit sur la mémoire, qui fait de l’acquis, l’être, au détriment de l’inné.

Deux jeunes garçons, sur un coup de tête, profitent d’une éventuelle mise à la casse d’une Citroën Visa, décident qu’elle partira en beauté au lien d’en carcasse, en lui faisant parcourir le plus de chemin possible ; Vers l’Est.

Jeune, pas si sûr d’eux qu’ils le prétendent, ils l’emménagent douillettement, avec rideaux et bibliothèque.

Ainsi, de visa en visa, deux dans une Visa, les voilà partie au rythme lent d’un moteur poussif, découvrir le monde d’alors ; Celui avec une séparation Est-Ouest et un mur à Berlin. Celui avec des frontières et des douaniers.

A travers ces aquarelles claires et fluides, c’est un peu de jeunesse perdue, retrouvée et partagée par l’auteur, qui est transmise au lecteur.

Celle ou l’honnêteté existait encore, où les stations-services étaient des mirages fantomatiques, se matérialisant un instant, avant de disparaître.

J’aime les couleurs des ciels, traversés de fauves aurores boréales.

Dans ce vaisseau de tôle, infinitésimal, deux jeunes gens voyagent, sans souci des détails.

Ni l’art de l’Italie, ni de l’Est la fracture, ils roulent sans répit, vers d’autres aventures.

Parfois, dans ces flashbacks, l’auteur rajoute, distancié, les évènements qui depuis, en ces lieux, se sont déroulés.

La mémoire a parfois des bras trop courts, pour saisir l’importance des choses, dans un compartiment réfrigéré.

Heureusement, la vierge veille sur les voyageurs à la mécanique fatiguée.

C’est un beau voyage auquel nous convie l’auteur ; Pas de vidéo instantanée sur les réseaux sociaux. La vie en temps réel, celle d’hier.

Avec l’impression de vivre l’instant présent.

Quand la température surchauffe une vieille guimbarde et ses occupants.

Quand les vapeurs de gasoil mal brûlées et le chauffage déréglé s’oublient sous les effluves marines, d’une plage de bord de mer.

De colonie en road-movie, ces cartes postales d’enfance, d’adolescence, sont une cure de jouvence, un peu nostalgiques, un brin amusées, pour nos cœurs un peu secs et nos vies surmenées.

Nous sommes en transit. Profitons du voyage sans trop nous hâter.

En bref

Le voyage de deux jeunes hommes, aventuriers malgré eux, dans une guimbarde en fin de vie, et dans une Europe vers l’Est, du temps ou les frontières avaient encore un sens. Des aquarelles douces et sensibles nous plongent dans un passé oublié, mais qui n’est plus perdu.

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