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Critique de La Petite Faiseuse de Livres #1

par Tampopo24 le ven. 8 mai 2020 Staff

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Une amoureuse des livres au pays des livres rares

Parmi les isekai (histoire avec un personnage de notre réalité qui se retrouve brusquement dans un autre monde) qui arrivent en masse chez nous ces derniers temps, La petite faiseuse de livres se distinguait de la masse pour moi avec son clin d'oeil appuyé en direction des fans de livres. Un peu comme Magus of the Library, les éditeurs ont voulu faire plaisir aux amoureux de livres et c'est une chouette idée.

Ce shojo du duo Suzuka et Miya Kazuki est en fait l'adaptation d'une série de light novels (format court de romans au Japon) de Miya Kazuki : La petite faiseuse de livres – Ascendance of a Bookworm où l'on suit les péripéties de la petite Maïn, une femme de notre monde amoureuse des livres, qui se réincarne dans le corps d'une fillette dans un monde où le livre est très rare et très cher. Elle mène alors une quête pour se réapproprier l’écriture et la lecture en fabriquant ses propres écrits. Parue à l'origine sur le site Shôsetsuka ni Narô avant d'être publiée au format light novel avec les illustrations de You Shiina, la saga est actuellement adaptée en animé et diffusée sur Crunchyroll. Le manga, lui, nous propose un monde enrichit par rapport à celui imaginé par Miya Kazuki.

Dans ce premier tome, nous faisons la rencontre de la sympathique Maïn et avec elle nous découvrons cet univers où le livre est absent. C'est une découverte un peu rude. Le monde dans lequel elle se réveille n'a rien à voir avec le nôtre. Ce n'est pas seulement l'absence de livres qui choque mais également le manque de propreté et la simplicité avec lesquels les gens vivent. Maïn a l'impression de se retrouver dans une ville européenne moyenâgeuse. Ça la surprend. Pour nous lecteur, c'est l'occasion de découvrir avec une petite touche d'humour la vie dans ce monde imaginé par l'autrice. Le fait que cela soit fait d'un regard extérieur et qui plus est à travers le regard d'une enfant rend cela encore plus savoureux. Les explications qui pourraient être lourdes ne le sont pas car elles sont complètement intégrées à la narration. Ainsi on fait avec Maïn la connaissance de cette ville et de ses habitants. Ceux-ci sont plein de chaleur malgré leur quotidien plus rude que le nôtre. C'est sympa de découvrir ses parents, le travail de son père, les corvées de sa soeur, le quotidien de sa mère, etc. Cela rend la lecture plus immersive.

Mais qu'en est-il de la quête de Maïn ? En effet, chaque chapitre est l'occasion d'une question sur cette absence de livre et sur comment la combler. L'héroïne est un personnage persévérant, elle va donc creuser la chose et chercher des solutions. L'autrice se sert d'éléments culturels établis de notre Histoire : les livres étaient rares autrefois, très coûteux de par leurs matériaux mais aussi uniques car faits à la main et de ce fait réservés à une élite. Maïn découvre peu à peu cela mais ne se laisse pas abattre. Les solutions qu'elle trouve viennent de ces anciennes lectures et nous n'en sommes qu'au début, mais je pense qu'elles nous permettront de revivre un des processus de fabrication d'un livre autrefois. Par exemple dans ce tome, l'héroïne commence à s'atteler à la fabrication d'un support d'écriture inspiré du papyrus et cela me plaît.

Cette recherche de solution pour améliorer le quotidien ne tourne pas qu'autour du livre. L'autrice ne se cantonne pas à ce thème et c'est bien heureux car peut-être aurait-on vite tourné en rond. On voit ainsi Maïn fabriquer du shampoing par exemple ou encore Maïn chercher à se coiffer. Ce sont des petits riens mais qui contribuent grandement au plaisir de lecture de cette série très tranche de vie tout de même.

Les dessins, eux, étaient l'élément que je craignais le plus. En effet avec une héroïne aussi jeune en couverture, j'avais peur d'avoir la même déception qu'avec Made in Abyss où le décalage entre les aventures et le corps nubile des héros me gênait énormément. Ce n'est pas du tout le cas ici. Le dessin est en cohérence avec le propos et la maturité, la personnalité des personnages. J'ai d'ailleurs trouvé l'ensemble très joli. J'adore la rondeur de l'héroïne, en opposition avec les personnages adultes plus fins. Les décors sont soignés et adaptés à l'univers, ils prennent tout leur sens dans les aventures que vit Maïn. C'est une réussite.

En bref

Alors que je ne partais pas très sûre de moi concernant ce titre, j'ai été surprise par sa qualité. Les autrices ont bien su associer les dessins avec le récit mis en scène. Ce dernier est un savoureux mélange entre tranche de vie et isekai. Les thèmes autour de comment améliorer la vie d'autrefois me parlent et sont bien traités ici sans que cela fasse catalogue. Un bel équilibre a été trouvé. Cependant ce n'est qu'un premier tome et il reste encore bien des choses à écrire.

7
Positif

Un isekai qui change

Une ode aux amoureux des livres papiers

La découverte d'un nouveau monde

Des personnages chaleureux

De beaux dessins

Negatif

Une aventure qui commence à peine

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