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Critique de Avengers - État de siège

par Le Doc le ven. 19 juin 2020 Staff

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Etat de Siège

Tout au long de leurs presque six décennies d'existence éditoriale, les Avengers ont affronté de nombreuses menaces. Et l'un de leurs combats les plus difficiles a eu lieu fin 1986/début 1987 lorsque Roger Stern, qui scénarisait le titre depuis déjà trois ans (un run de qualité), a rassemblé une véritable petite armée de super-vilains pour constituer la plus dangereuse formation des Maîtres du Mal. 

Au coeur de cette histoire, il y a la notion de famille. Le but des Zemo a toujours été de briser la volonté de Captain America. L'obsession de Zemo père s'est transmise à son fils et c'est connu, les Zemo ont toujours blâmé la Sentinelle de la Liberté pour leurs propres échecs. Présumé mort dans un précédent épisode de la série de Cap, le Baron Zemo a recruté des poids lourds comme les Démolisseurs, Goliath, l'Homme-Absorbant, Titania et Mr Hyde et des "électrons libres" comme Opale, Fixer, Blackout et la nouvelle Yellowjacket (traduite en Frelon), ce qui donne quelques dissensions bienvenues dans l'équipe. 

Des tensions, il y en a aussi chez les Avengers. Et elles tournent principalement autour de la chef de l'équipe, Janet Van Dyne alias la Guêpe. Le Chevalier Noir éprouve une attirance qui n'est pas partagée par l'intéressée et Hercule déteste tout simplement se faire commander par une femme, ce qui conduira à un moment choc. L'arc narratif commence vraiment au #273, mais le recueil commence au #270 car Roger Stern amène ces éléments progressivement (le recrutement des Maîtres du Mal est mené en parallèle d'une intrigue centrée sur Namor et qui implique également la Division Alpha).

Et puis Etat de Siège commence vraiment. Stern amène le danger aux portes de la demeure des Avengers pour cinq épisodes très bien ficelés, denses (c'est qu'il se passait beaucoup de choses en 22 pages à l'époque), bien caractérisés et bourrés d'action et de rebondissements. Lorsque je lisais cela dans Strange plus jeune, l'attente d'un mois entre deux numéros était bien longue et j'avais hâte de découvrir la suite. En album, et sans les retouches de Lug, les revisiter est à nouveau un plaisir de lecture, un comic-book de super-héros qui n'hésite pas à secouer ses personnages, émotionnellement et physiquement. L'ensemble est palpitant et se termine comme il se doit par un duel entre Captain America et Zemo et une dernière scène touchante entre le Vengeur étoilé et Captain Marvel (et qui montre bien à quel point les Maîtres du Mal ont touché là où ça fait mal).

Graphiquement, c'est du solide avec le tandem complémentaire formé par John Buscema et Tom Palmer, qui était sur cette série beaucoup plus qu'un encreur (il y a d'ailleurs une excellente rubrique sur le sujet sur le forum). On le sait, les super-héros n'étaient pas vraiment la tasse de thé de Big John Buscema mais même s'il ne livrait ici que des esquisses (Stern devait même ajouter un détail de temps en temps quand Buscema les oubliait), ses planches restaient très dynamiques. Et le très bon travail de Tom Palmer montre bien à quel point il était le meilleur partenaire de John Buscema sur les comics de super-héros. 


En bref

Trente ans après, "Etat de Siège" reste pour moi l'une des meilleures sagas des Avengers. Une aventure dramatique qui allait encore avoir des conséquences sur les derniers chapitres de la prestation de Roger Stern (qui s'est terminée au #287).

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