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Critique de First Job, New Life #1

par Tampopo24 le jeu. 16 juil. 2020 Staff

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Première fois... au boulot !

Lors de l'annonce de la collection Life, certains titres m'avaient tapé dans l'oeil à cause de leurs couvertures ou de leur autrice, First Job New Life en fait partie car il signe enfin le retour en France du style de josei que je préfère, ceux dans la veine de Mari Okazaki (Complément Affectif, And), Erika Sakurasawa (Crash, Body & Soul, Diamond...), Yumi Unita (Drôle de père) ou encore Satoru Hiura (Hotaru). J'ai donc été ravie de découvrir le titre sur les étals des libraires en ce début juillet.

Just not married, le précédent titre de la collection Life, un seinen, n'avait pas été un franc succès pour moi même si j'avais bien aimé certaines idées. Mais cette fois avec un josei j'avais vraiment espoir que ça me parle plus. L'autrice, Nemu Yoko, autrice née en 1980, publie des histoires qui sont majoritairement des josei depuis 2004. Elle est aussi connue chez nous comme chara designer de l'animé Lou et l'île aux sirènes. La série choisie par Kana, Gozen 3-ji no Kikenchitai (en vo) est incluse dans un cycle plus vaste comprenant deux autres sagas se déroulant dans cet univers avec tour à tour Momoko (Gozen 3-ji no Muhouchitai) puis Mano (Gozen 3-ji no Fukyouwaon), deux autres employées, comme héroïnes. J'en doute mais j'espère qu'on aura la chance de les lire également.

Après Just not married qui montrait la vie de couple de deux jeunes adultes, place à une vision contemporaine de la vie active des jeunes avec First Job New Life. Nemu Yoko y raconte l'histoire d'une jeune femme qui à la fin de ses études recherche son premier boulot. Suite à un entretien surréaliste elle se fait embaucher dans une boite de graphisme pour pachinko et on découvre son premier jour de travail, ses premières missions et ses premières interactions avec ses collègues.

Pour ma part, j'ai trouvé le cadre original. C'est rare, en France, les titres où l'on retrouve le thème du travail typique à la japonaise, vu de l'intérieur comme ici et avec une place aussi centrale. On suit la vie d'employés qu'on voit tout donner pour leur boulot, qui vivent pour leur boîte, ne prennent presque pas de temps pour eux, vivent sur place, etc. N'ayant pour ma part jamais travaillé en entreprise, vu que je suis fonctionnaire et enseignante, je ne peux pas dire s'il y a des similitudes avec chez nous, mais ça m'a paru très réaliste vis-à-vis de ce que j'ai entendu sur le rapport très excessif des japonais à leur travail.

Pour contrebalancer toute cette folie, j'ai aimé la naïveté de l'héroïne. J'ai trouvé que ça correspondait bien à son âge. Non, ce n'est pas parce qu'on a fini ses études qu'on se sent forcément "adulte", on a le droit de se sentir encore perdu comme un enfant. Du coup, les questions qu'elle se pose m'ont paru sensées et j'ai trouvé logique que l'univers de l'entreprise devienne tout pour elle. Ses collègues sur qui elle s'interroge, elle-même qui veut bien faire, tout ça m'a vraiment parlé et paru réaliste une nouvelle fois.

Il est également question de sujet sérieux, comme l'amour au travail, le harcèlement, la formation, la correspondance ou non entre nos qualifications et le boulot où on est pris. C'est riche et bien fichu.

On pourrait croire que tout ça est bien sérieux mais ce n'est pas que ça. Il y a également beaucoup d'humour dans ce titre. Les personnages font naturels et sont amusants. Entre celui qui vit presque en caleçon sur leur lieu de travail et n'hésite pas à coucher sur le dit lieu, le patron excentrique qui embauche l'héroïne pour son regard, la collègue fille folle de son amoureux à distance qui court partout et oublie tout quand il est là, ou le chef qui fume comme un pompier et à l'air souvent à l'ouest, on rigole bien. Les échanges sont bons enfants et détendus malgré le rush du boulot parfois. Du coup, c'est super agréable à suivre.

Cependant, comme je l'ai dit plus haut, ce titre fait partie d'un cycle de 3 séries dont nous n'avons qu'une partie ici et il manque clairement des éléments pour bien tout saisir même si la narration essaie d'éviter cela. Le choix d'en faire un récit tranche de vie permet de raconter des petits moments de leur vie au travail mais on sent qu'il manque quand même quelques éléments. Peut-être présents dans les autres séries avec Momoko et Mano ?

Une chose m'a tout de même encore plus embêtée, c'est le changement des couvertures... La série m'avait tapé dans l'oeil en grande partie grâce à ses couvertures japonaises douces et poétiques, un brin enfantine où on voyait l'héroïne grandir et sortir petit à petit de ses rêves de petite fille. Du coup, le côté très pop et générique des françaises avec leur couleur criarde ne me parle pas du tout, même si je pense qu'elles ont été choisies, peut-être, pour mieux évoquer le contenu du titre.

Heureusement, ça se rattrape à l'intérieur avec un dessin à mi-chemin entre Yumi Unita (Drôle de père), Chica Umino (Honey to clover, March comes in like a lion) et Yuki Kodama (Kids on the slope) que j'ai adorés. C'est doux, poétique, original et ça change clairement de l'esthétique shojo qu'on voit bien trop en France dans la vague des "josei harlequin" qu'on nous propose depuis une dizaine d'années. Ici, c'est plus sobre mais tout aussi intéressant et plus personnel. Les cases peuvent paraître un peu vides car il y a très peu de décors, cependant les personnages sont vraiment expressifs. C'est un dessin atypique, à la patte marquée, tout sauf lisse. Les pages d'ouverture des chapitres sont vraiment poétiques et en même temps ancrées dans notre époque. On flirte d'ailleurs dans cet entre-deux pendant toute la lecture : sérieux voulu par le boulot, évasion poétique et mélancolique rêvée par l’héroïne dont c'est bien l'âge de continuer à rêver.

En bref

Voici donc un premier tome réussi. Je n'ai pas ressenti le petit truc en plus qui a pu me faire vibrer dans un titre comme Complément Affectif, ma référence, qui était aussi un josei sur le monde du travail. Mais j'ai aimé la bande que j'ai rencontrée et les thèmes qui furent abordés.

7
Positif

Le retour du josei de la première vague

Une vision réaliste du monde du travail au Japon

Une héroïne naïve et attachante

Beaucoup d'humour

Mais du sérieux aussi avec des thèmes comme le harcèlement au travail

Un dessin typé josei à la Yumi Unita, Chica Umino et Yuki Kodama, sobre mais expressif

Une vision mélancolique de l'entrée dans l'âge adulte

Negatif

Un rythme un peu mou et fade

Un humour qui peut être lourd

Des relations interpersonnelles encore à développer

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