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Critique de Le convoyeur #1

par MassLunar le jeu. 10 sept. 2020 Staff

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"Ma parole est ma loi."

Curieux, trash et hypnotique à la fois, Le Convoyeur est un titre post-apo de bonne facture qui nous entraîne dans un cauchemar mutilé par la noirceur et par les vestiges laissés par une peste furieuse.

Tristan Roulot au scénario et Dimitri Armand au dessin nous entraîne dans une épopée nihiliste dans laquelle l'humanité a subi de dramatiques dégénérescences à cause d' une peste appelée La Rouille. Des années plus tard, le monde est devenu une sorte d'enfer à la Mad Max et la plupart des hommes de terribles mutants dont certains sont dotés de dangereux pouvoirs.

Bien que de nombreuses questions se posent suite à la lecture de ce premier volet, Le Convoyeur demeure une ballade radicale fort appréciable pour qui aime ce genre d'univers cruel et menaçant. Le dessin de Dimitri Armand offre son lot de ravages. On ne perd pas une miette de cette aventure terrifiante et généreuse composée de rencontres avec de remarquables "freaks". Dans le registre horrifique, le dessin d'Armand fait mouche. Sa maîtrise des ombres, son jeu de lumière et le design difforme des personnages rappelle tout autant un monde nihiliste à la Mad Max qu'une confrontation sanglante façon La Colline a des yeux. Entre un renifleur sans visage, un démon cornu aux poings de feu, deux frères profondément liés ou encore la fameuse nymphe, Tristan Roulot, le scénariste, laisse libre cours à un imaginaire monstrueux très bien rendu par le coup de crayon de Dimitri Armand. Ce dernier qui s'est fait remarquer par le genre du western avec Sykes se montre aussi très à l'aise dans cette bd de genre où les visages sont avant tout des visages marqués.

De plus, au niveau des couleurs , ce premier volume est loin d'être monochrome malgré une prédominance pour des couleurs attirés vers des nuances de rouilles. Nous avons ainsi droit à quelques flash-backs enrobés d'un superbe noir et blanc photographique ainsi que par quelques éclaircies légèrement plus ensoleillés, vestiges d'un monde plus paisible désormais gangrené par la folie et la mutation. 

Le convoyeur demeure une ballade un peu opaque au niveau de l'intrigue. Les motivations de son anti-héros sont difficile à suivre si ce n'est que c'est un personnage qui suit uniquement son code d'honneur. Le Convoyeur rejoint un peu cette galerie de personnages bibliques post-apo dont le parcours solitaire s'avère en réalité déterminant pour les autres. Au scénario , Tristan Roulot maîtrise l'ambiguité de ce personnage forcément impassible, digne d'un héros fantomatique de western. Mais pour l'heure, ce premier tome apporte peu de réponses et nous devons nous contenter de suivre cet étrange voyage aux confins d'un monde post -apo livré en pâture aux loups. C'est d'abord donc une aventure qu'il faut savoir s'approprier sans se poser trop de questions si nous souhaitons l'apprécier. On peut peut-être lui reprocher d'accumuler des figures caustiques du domaine post-apo entre groupe de pillards et d'hors-la-loi, religieux fanatiques, petite communauté soudée ou encore cannibales ... Certes, c'est généreux mais un peu trop éparpillé.


En bref

Voyage horrifique, ballade étrange et dénuée de sens, Le Convoyeur est un titre qui peut ravir un public friand de films d'horreur et d'atmosphères nihilistes. Une bonne bd de genre pour clôturer cet été enfiévré.

8
Positif

Une sacré galerie de belles gueules

Un univers post-apo classique mais réussi entre Mad Max et La Colline a des yeux

De l'action calibré ponctué par quelques séquences trash

La figure très western d'un héros impassible à la motivation inconnue

Negatif

Une galerie de personnages un peu trop dense

Un scénario un peu opaque

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