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Critique de Carbone & Silicium

par ginevra le dim. 24 janv. 2021 Staff

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Une fabuleuse plongée dans le futur des relations entre humains et I. A.

Dans un futur proche, les scientifiques d'une grande compagnie de robotique ont mis au point deux I. A. qu'ils destinent à une expérience particulière : étudier comment elles vont évoluer dans le temps, développer des interactions "humaines"… Elles ont reçu l'intégralité du savoir humain disponible via le réseau, ainsi qu'un corps avec une durée de vie limitée à 15 ans, mais elles ont reçu aussi des noms : l'I. A. à corps de type féminin s'appelle Carbone et celle de type masculin Silicium. Lors d'un voyage en Inde, Silicium s'enfuit mais Carbone tombe et se retrouve enfermée dans le labo. Les I. A. ont dépassé ce que les scientifiques attendaient d'elles. La Pr Noriko Ito qui a dirigé ce projet donne à Carbone la possibilité de changer de corps robotique à chaque atteinte de la limite de vie de 15 ans. La surprise est que Carbone retrouve Silicium à chaque changement pour une sorte de rendez-vous amical et régulier.

Quel fantastique scénario qui rend crédible les avancées les plus folles de la robotique comme l'acquisition de sentiments par les machines les plus évoluées. Comme cela a dû être terrible par Carbone de voir les milliers de copies de son corps et les traitements indignes faits aux robots. Mathieu Bablet imagine l'évolution du monde sur 270 ans à travers ces rencontres entre les 2 amis (il faut bien les qualifier ainsi). Il imagine une évolution des robots sur un modèle humain puisque des sectes se créent ainsi que des combats entre factions rivales. À noter qu'il a choisi pour noms des I. A. Carbone, autrement dit l'espèce humaine dont c'est le matériau chimique primordial, et Silicium, soit le composant de base des ordinateurs et autres machines "pensantes". D'ailleurs, les lecteurs curieux auront remarqué que le titre renvoie à la chimie avec Carbone (612.0106) et Silicium (1428.085) – le 1e nombre correspondant au numéro atomique et le 2e à la masse atomique et les lettres en gras correspondant eu symbole chimique.

Si j'admire et apprécie au plus haut point Mathieu Bablet en tant que scénariste, je reconnais que j'ai beaucoup plus de mal avec ses dessins de personnages. J'en suis venu à trouver les robots plus expressifs que les humains. Mais j'ai adoré la façon dont il montre les connexions sur les réseaux avec une colorisation bien particulière. Il est capable d'offrir au lecteur des images d'une imagination et d'une poésie formidables comme cette vision de baleines nageant au rez-de-chaussée d'un immeuble avec le Fuji Yama en fond de case.

Un très grand album d'anticipation qui devrait rejoindre faire partie des anthologies futures répertoriant les plus grandes œuvres du genre.

En bref

Un indispensable pour tous les amateurs d'anticipation. Un album destiné à devenir un classique pour les générations futures.

9
Positif

vision d'avenir à la fois réaliste et inquiétante

dessins splendides

Negatif

visages manquant d'epressivité

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