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Critique de Alpha Flight #1978

par Le Doc le dim. 25 avril 2021 Staff

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La Division Alpha !

Connue par les lecteurs de longue date sous le nom de la Division Alpha, l'équipe d'Alpha Flight rejoint cette année la collection d'Intégrales de Panini. Ce premier volume couvre les années 1978 à 1984 et compile Uncanny X-Men #109, 120-121, 139-140, Machine Man #18 et Alpha Flight #1 à 8. Aux origines, Alpha Flight fut imaginée pour étoffer le passé de Wolverine, ancien agent pour le gouvernement canadien. Dans Giant Size X-Men #1, on voit Logan donner sa démission avec fracas et rejoindre les nouveaux X-Men de Charles Xavier. Son supérieur lui précise bien qu'il n'en avait pas encore fini avec lui...ce qui s'est vérifié trois ans plus tard...

Chris Claremont est venu avec l'idée : les responsables du département H (section secrète du département de la défense canadien) envoie ses recrues pour récupérer Wolverine, qu'ils voient comme un investissement qu'ils n'ont pas l'intention de perdre. Et pour les concevoir, John Byrne a ressorti de ses cartons des concepts imaginés dans sa jeunesse. Dès leur retour d'une aventure spatiale, les X-Men affrontent Vindicator (un nom de de code que Byrne n'a jamais apprécié) dans Uncanny X-Men #109. Au terme d'un combat sans vainqueur, Vindicator s'enfuit pour revenir dans le #120 avec ses co-équipiers, pensés comme des doubles négatifs des mutants : Sasquatch, Shaman, Harfang, Aurora et Véga. La fonction d'antagonistes est repensée pour l'apparition suivante dans le diptyque Uncanny #139/140 afin d'éviter une certaine répétition. Ces deux numéros bouclent la boucle en revenant aux débuts de Wolverine dans l'univers Marvel (avec le retour du Wendigo, l'un de ses tous premiers adversaires) tout en permettant à ses amis X-Men de creuser un peu plus la carapace du mystérieux griffu.

Déjà édités à plusieurs reprises, ces très bons épisodes du trio légendaire Claremont/Byrne/Austin ont naturellement leur place ici car ils forment un tout : à la fin de Uncanny X-Men #140, un Vindicator dépité apprend que son gouvernement a ordonné la dissolution d'Alpha Flight. Juste avant que cela arrive, une partie de l'équipe a été envoyée aux Etats-Unis aux trousses de Machine Man dans la série initiée par Jack Kirby et reprise par Tom de Falco et un Steve Ditko pas très inspiré. Un supplément assez moyen, Sasquatch, Aurora et Véga jouant les utilités au sein d'un récit aux ingrédients pas très relevés. 

Pour John Byrne et Alpha Flight, les choses auraient pu s'arrêter avec Uncanny X-Men #140. Mais c'était compter sans la demande pour de nouvelles aventures des héros canadiens. Byrne a mis du temps pour se décider car il ne pensait pas que ces personnages avaient suffisamment de profondeur pour animer un titre mensuel. Ce qui explique certainement le ton particulier et la structure de cette série. Au début du #1 (sorti trois ans après Uncanny #140 mais dont l'action se déroule deux semaines après), il n'y a plus d'équipe, James McDonald Hudson, alias Vindicator, contemplant ce qui fut la base d'Alpha Flight, la "mort d'un rêve" pour reprendre l'un des récitatifs.

Une menace surnaturelle (qui deviendra un élément récurrent des histoires à venir) va amener à la reformation de Alpha Flight, avec deux nouveaux alliés à la clé, Marina et le très sympathique Puck. Cette nouvelle incarnation de l'équipe ne dépendra pas du gouvernement mais dans ces huit premiers numéros, il n'y aura pas beaucoup d'occasions de les voir évoluer ensemble (uniquement dans l'intrigue du Maître, avec Namor et l'Invisible en invités surprises). Dans les premiers temps, Alpha Flight est ce qu'on peut appeler un "non-groupe" composé de membres à (nombreux) problèmes (une tradition Marvel poussée encore plus que d'habitude) que le scénariste/dessinateur va observer, analyser dans une suite d'aventures souvent déconnectées au coeur d'un plan global (le #5 est sur Puck, le #6 célèbre pour ses cases blanches en pleine tempête de neige est sur Harfang, les #7 et 8 sur Aurora et Véga) et de segments de compléments consacrés aux origines du groupe.

C'est ce qui distingue Alpha Flight des autres titres d'équipes de Marvel. Il se dit que Byrne, alors auteur d'une prestation mémorable sur les 4 Fantastiques, n'a pas aimé son travail sur les héros canadiens (ce qui explique peut-être une partie graphique que je trouve un peu en dessous de celle des F.F., notamment à cause d'un encrage moins abouti et de cases parfois un peu pauvres en décors), mais cette approche de la caractérisation, ces ambiances différentes selon les chapitres (dont certains flirtent avec l'horreur) participent à l'attrait de cette très intéressante composition super-héroïque dysfonctionnelle.

En bref

Belle replongée dans les débuts d'un comic-book atypique, qui n'en finira pas de surprendre !

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