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Critique de Nosferatu #3

par MassLunar le jeu. 10 juin 2021 Staff

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Mémoires d'un Nosferatu

Un volume 3 qui achève le combat titanesque entre le roi des Nosferatu, Nicolaï et le redoutable commandant de l'Eglise, Tom Archie. Un combat qui a, certes,  de la gueule mais qui n'a pas vraiment de style et qui se résout principalement sur la force bête et méchante des poings. Tom Archie semble surtout être un avatar de Kenshiro dont les tatanes sont aussi efficaces que des épées bien tranchantes. Scénario convenu oblige, un petit flash-back nous explique la détermination et le passé tragique de Nicolaï dont la famille, sa femme et lui-même furent victimes de la folie inquisitoriale. Ce flash-back n'apporte pas beaucoup d'eau au moulin mais permet de donner un peu de pathos et de ciment à des personnages qui sont loin d'être totalement marquants.

C'est de nouveau le cas ici avec le personnage de Rinne. J'ai du feuilleter le tome 2 pour me rappeler de l'existence de ce personnage dont il est fait mention dans le volume précédent qu'une seule fois. Un nouveau nosferatu pas forcément marquant qui semble avoir de la connaissance mais dont le rôle semble se limiter à créer des chiens-chimères ( au design par ailleurs dégueulasse). Rinne , malgré sa vacuité, est un personnage qui apporte toutefois des réponses à notre héroine. On découvre ses origines et la cause de cette révolte qui semble avoir divisé les nosferatu. Des origines, un passé révélé dont on se moque un peu au final mais qui permet au manga de Shinjiro de se remettre sur les rails avant le tome final prévu en septembre. La question est de savoir qui restera t-il parmi les nosferatu et les humains. L'intrigue étoffe davantage sa question mais, malgré tout , outre Rinne, il faut se farder des personnages qui défilent dans l'histoire avec peu de consistance et dôté d'un background dont on n'a cure. C'est le cas pour le second couteau du nouveau méchant , à savoir un inquisiteur fou ( très original au passage) qui a été méprisé par le reste de la populace étant jeune car il était...gaucher ! Un méchant au passé très tragique donc. Je suis même un ex-gaucher contrarié et je ne peux que compatir au passé de ce bad guy.

Trêve d'ironie, Nosferatu de Shinjiro ne brille par son intrigue mais demeure sympathique visuellement avec une bonne combinaison entre la métamorphose monstrueuse d'un nosferatu et le trait élégant et fin du chara-design. La dark fantasy est bien rendue avec un bon jeu de sang qui anime nos personnages vampiriques et leur donne un certain style visuelle qui pourrait ravir le public de Tokyo Ghoul et, par extension, un lectorat avide d'une petite atmosphère fantastico--horrifique. Mention spéciale à l'éléphant cthulien qui donnera peut-être un peu de fil à tordre dans le prochain volume...

L'action demeure au rendez-vous dans cet opus caverneux avec des confrontations soulignées sous différents points de vue et qui permettent de souligner la cruauté de la très méchante Eglise qui n'hésite pas à employer ici des paysans en guise de poudre à canon. Décidément, les croyants dans les récits de dark fantasy sont souvent des tarés en puissances à l'exception ici de notre cher  Archie... Cela dit, rien de bien folichon suite aux combats tout en testostérone du second tome. 

Comme souvent, la fin de l'avant-dernier opus promet une confrontation épique, d'abord face au prêtre fou et son dumbo monstrueux et ensuite la plausible confrontation frère/soeur qui, je l'espère, apportera une bonne dose de piment qui relèvera enfin la saveur de ce titre. 


En bref

Nosferatu continue de s'affirmer dans sa tiédeur. C'est un petit titre de dark fantasy qui ne parvient jamais à étoffer ses personnages, qui en introduit de nouveaux tout aussi indigents entre le nosferatu savant des plus fades et la figure ultra-cliché du prêtre fou ( buuuuurn ! ) . Dans l'optique d'une courte série ( 4 tomes au total), Nosferatu fait partie de ces titres dont les auteurs balbutient l'histoire plus qu'ils ne l'écrivent. Toutefois, Shinjiro reste maître de son style visuel entre cruauté, élégance et panache sanglant. De quoi nous faire tenir jusqu'à une conclusion qui devra nous sauter un peu aux yeux.

6
Positif

Un style toujours aussi élégant où la grâce se mêle au fantastique horrifique

Un titre qui se lit aussi facilement que la vision d'un petit film d'horreur

Les premières de couvertures toujours aussi réussies

Negatif

Lecture facile mais scénario indigent avec des nouveaux personnages tout aussi fades

Une traduction châtié qui aurait mérité d'être un peu pimentée

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