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Critique de Ka-Zar #1973

par Le Doc le jeu. 21 oct. 2021 Staff

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Ka-Zar et Shanna !

Ka-Zar et Shanna la Diablesse...cela aurait pu être le titre de cette deuxième Intégrale tant l'héroïne tient une place importante dans le sommaire. Mais à tout seigneur (de la jungle), tout honneur, commençons donc par le début. Depuis le premier numéro publié en 1970, le Tarzanide de Marvel vit ses aventures dans les pages de la revue Astonishing Tales, d'abord dans des chapitres de 10 pages (car il partageait l'affiche avec le Dr Fatalis) avant de prendre seul les commandes du titre à partir du #10 et ce jusqu'au #20, puisqu'il s'est ensuite vu accorder son propre magazine. La première partie de cet épais volume est donc composée des #17 à 20 de Astonishing Tales. Je précise que je n'ai pas encore lu la précédente intégrale mais il est très facile de prendre le train en marche, ce qui est l'une des qualités des comic-books de cette époque, jamais avares en résumés des événements précédents.

Dans ces numéros, Ka-Zar est confronté à une situation qu'ont vécu la plupart des personnages inspirés par Tarzan. Peut-il supporter les affres de la civilisation pour l'amour d'une femme, l'agent du S.H.I.E.L.D. Bobbi Morse (future super-héroïne sous le nom de Oiseau Moqueur) ? Vu la façon dont se termine leurendez-vous galant dans les premières pages, la réponse semble évidente. Mais Ka-Zar prend sur lui, surtout qu'il est vite pris dans le conflit qui oppose le S.H.I.E.L.D. et l'A.I.M. autour de la formule pourecréer le sérum du super-soldat. Bien secondé par Dan Adkins aux dessins (j'aime beaucoup sa représentation de Ka-Zar, élancée et athlétique, même lorsqu'il doit supporter des habits étriqués), Mike Friedrich orchestre un récit aux multiples rebondissements faisant intervenir aussi bien de vieilles connaissances (le fre criminel du héros n'est jamais très loin) que de nouveaux personnages (un brin ridicule tout de même, l'accoutrement du vilain principal).

Ka-Zar laisse la place à Shanna la diablesse le temps de la courte série de ce nouveau personnage créé en 1972 à l'occasion d'une initiative éditoriale de Marvel destinée à un lectorat un peu plus féminin. Expérience qui a tourné court puisque les trois comic-books, Shanna the She-Devil, Claws of the Cat et Night Nurse, ont vite été annulés. Ce qui ne veut pas dire qu'ils manquaient d'intérêt, loin de là. Créée par Carole Seuling, qui s'inscrivait alors dans la longue lignée des Jungle Girls, Shanna O'Hara est une femme forte, au caractère bien trempé (ce qui ne rend pas toujours facile sa relation avec le garde-chasse Patrick McShane). Comme le rappelle la scénariste dans sa préface, le déroulé des origines de Shanna dans le #1 s'inspire de tristes faits réels. Parallèlement, Shanna fait la démonstration de sa force et de sa détermination face à des braconniers. L'héroïne démantèle ensuite un trafic d'esclaves, découvre une civilisation oubliée et fait face à ceux qui deviendront ses ennemis jurés, le Mandrill et Nekkra dans les épisodes suivants. Des aventures exotiques bien ficelées et joliment dessinées par George Tuska puis Ross Andru...je n'ai pas toujours été tendre avec Vince Colletta à l'encrage mais il faut reconnaître que son trait rend également justice à la beauté de la diablesse. 

On repasse ensuite à Ka-Zar, de retour en Terre Sauvage dans son titre solo en 1974. Mike Friedrich est fidèle au poste au scénario mais la partie graphique est cette fois-ci un peu plus faiblarde (Paul Reinman et Don Heck). Les intrigues sont tout de même divertissantes et riches en action (malgré des vilains peu mémorables comme l'Homme-Dieu et El Tigre),  particulièrement le deuxième numéro qui orchestre la première rencontre entre Ka-Zar et Shanna, des années avant leur mariage. Le caractère rude de ce macho de Kevin Plunder exaspère dans un premier temps Shanna mais celle-ci va se découvrir des points communs avec le seigneur de la Terre Sauvage. Si la dynamique entre les deux est indéniable, Shanna ne peut rester en compagnie de Ka-Zapour le moment...

Après le départ de Carole Seuling, Steve Gerber avait écrit seul le dernier épisode de Shanna the She-Devil. Il a donc poursuivi les intrigues en cours dans une autre de ses nombreuses séries du moment, Daredevil (avec un petit détour du côté de Marvel Two-in-One #3, dont quelques pages sont reprises ici). Le plan de conquête mondiale de Mandrill et de Nekkra trouve son point culminant dans trois épisodes menés tambour battant par un Steve Gerber qui gère avec fluidité de nombreux protagonistes tout en menant efficacement à son terme l'histoire débutée quelques mois plus tôt dans le titre de la superbe Shanna. Et graphiquement, c'est également très bon avec les prestations de Bob Brown et Gene Colan.

En bref

Les très intéressantes préfaces de Mike Friedrich et Carole Seuling complètent le sommaire. Des bonus plus visuels (publicité, croquis de couverture, pages en N&B) sont également à retrouver en fin de volume.

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