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Critique de La Déchéance d'un Homme #3

par Niwo le mer. 23 févr. 2022 Staff

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La déchéance d'un homme

Junji Ito est l'auteur que j'apprécie le plus depuis quelques temps. Chacune de ses séries est singulière et me prend au dépourvu. La particularité de « La déchéance d'un homme » est que c'est une série qui se base sur l'histoire originale d'Osamu Dazai. L'intérêt était donc de découvrir comment l'auteur parvient à s'imprégner du scénario et l'adapter dans son univers.

Vous vous en doutez, il l'a fait avec une main de maître. Les deux premiers tomes étaient excellents mais je pense que celui-ci reste le meilleur. On a la finalité de ce personnage grotesque et pathétique : Yôzô Ôba. Au départ très énigmatique et difficile à suivre, on apprend au fur et à mesure à le comprendre, même si je ne cautionne toujours pas ses actes.

C'est le genre de personnages qui n'évolue jamais : il reproduit les mêmes erreurs. Il rencontre une femme, devient fou d'elle et finit par s'en désintéresser : pire encore, il finit par la tromper. Sauf que ces femmes n'en sortent pas sans séquelles. C'est le genre de personnage à faire souffrir tous ceux qu'il approche, et finit sa vie dans la médiocrité. On ne peut pas dire que ce soit un personnage attachant, qu'on aime suivre.

La raison pour laquelle j'apprécie et vous conseille cette œuvre est toute autre : Junji Ito, que je considère comme un véritable maître en terme d'horreur, nous plonge dans cet univers de manière totalement unique. Que ce soit via les décors ou les personnages représentés de manière horrifique, on ne peut qu'admirer page après page le désespoir des personnages.

J'avais un peu peur de ne pas avoir de fin. Même si le personnage vieillit et devient de plus en plus grotesque, je ne savais pas comment l'auteur parviendrait à terminer son histoire. A ce propos, il y a plusieurs bons points :

Premièrement, Junji Ito a fait un gros clin d'oeil à Osamu Dazai à la fin de son histoire et qui aide à la clôturer. Ensuite, plusieurs des anciennes histoire d'Ôba ont enfin un dénouement, là où il les avait laissés en stand-by. Même s'il doit y faire face malgré lui, on peut le prendre comme une sorte d'amélioration de personnage. Chose essentielle pour finir cette série de manière cohérente, bien que cela reste un piètre personnage...

Autrement dit, il ne faut pas chercher un sens logique ou un réel but au titre. C'est très plaisant, subliment mené mais ça reste le genre de titre auquel on ne peut pas réellement s'attacher. Mais voir Junji Ito déstructurer les personnages et leur faire vivre l'impossible est toujours un réel plaisir.

En bref

La déchéance d'un homme est le genre de série unique, qui a sa propre essence. Bien qu'on soit loin du personnage attachant et captivant, Ôba, dans sa médiocrité, parvient à nous atteindre. On est bien souvent abasourdis par sa personnalité grotesque et sa tendance à fuir dès qu'il trouve une nouvelle source d'intérêt. Grâce à une fin qui en est réellement une, je dois dire que ça reste une très belle surprise dans l'ensemble.

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