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Critique de SINoALICE #1

par MassLunar le mar. 27 sept. 2022 Staff

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Avec Alice, basculons dans le gouffre

S'il fallait retenir un nom derrière SinoAlice, c'est surtout celui de Yoko Taro, un concepteur de jeux vidéos connu notamment pour l'univers de Nier  avec notamment Nier : automata. Il fait partie de ses personnalités du jeu vidéo qui se font remarquer pour leur style atypique. En l'occurence, Yoko Taro affectionne particulièrement les ambiances sinistres et pessimistes. Pour avoir testé son fameux Nier: Automata par exemple, voici un jeu qui nous immerge dans un certain néant post-apocalyptique dans lequel les machines ont pris possession de la terre depuis belle lurette. Un style tout en rouille de gris  aussi envoutant que sinistre...

Ce sinistre, nous le retrouvons dans le fantaisiste et cauchemardesque SinoAlice qui est donc à la base une création de Yoko Taro paru sur IOS et Android. C'est d'ailleurs l'année Yoko Taro en France puisque Nier : Automata a également eu droit récemment à une adaptation manga toujours publié chez Kurokawa.

Mais parlons d'abord de notre chère "sino"Alice qui risque de vous plonger dans la perplexité dès ce premier tome flirtant entre les limites obscures du cauchemar et de la réalité. 

SINoAlice démarre comme une tranche-de-vie un peu malsaine. Nous suivons Alice, une lycéenne "banale "qui sort tout juste d'un rêve étrange dans lequel deux poupées extrêmement versatiles lui demande quel est son souhait , son désir. Réveillé, rien ne semble perturber le quotidien d'Alice qui a priori partage une idylle secrète avec son pervers de professeur de littérature. Malgré un quotidien dit banal, on devine que quelque chose ne tourne pas rond, surtout lorsqu'une amie d'Alice, Miki, en pince également pour ce professeur. Un triangle vicieux qui se conclue de manière très morbide...avant qu'Alice ne se réveille à nouveau. 

Le problème, c'est que son réveil est encore plus horrible  que le rêve et la plonge en plein cauchemar face à ce qui semble être une chaperon rouge totalement psychopathe. 

Ce premier tome enchaine les évènements morbides entre une tranche-de-vie toxique et un jeu de massacre soudain, ce tome 1 est une véritable plongée dans l'horreur. Nous sommes bien loin de la merveilleuse absurdité du Wonderland original. D'ailleurs, en préambule, Yoko Taro souligne l'independance de SinoAlice face à l'oeuvre originale de Lewis Caroll. 

D'ailleurs, ce manga n'en fait pas des caisses avec les références du conte si ce n'est la présence de certaines héroines ou héros de fameux contes comme Blanche-Neige, Le Chaperon Rouge ou encore Pinnochio que nous découvrons surtout dans un petit extrait romanesque en fin de volume qui fait la jonction avec les dernières chapitres du tome. Mais, ici, le parti pris n'est pas à la rêverie du conte, nous pressentons une bonne grosse ambiance de survival féroce et cruel comme le montre la confrontation Chaperon rouge / Blanche-Neige, un combat assez cruel dans un lieu marqué par la sauvagerie.

Ce cauchemar est exprimé avec énergie par le style du duo Himiko/ Jino qui distille par petites touches quelques références à Alice au pays des merveilles au sein d'un style net capable de basculer dans le gore et la cruauté. 

En somme, ce premier tome vous retourne un peu l'estomac et n'hésite pas à vous noyer dans un univers funèbre sans proposer de réels pistes scénaristiques, la narration est un peu éclatée avec cette mise en abyme labyrinthique façon Inception mais nul doute que nous aurons davantage d'explications quand au comment du pourquoi de ces cauchemars dans le tome 2.

Pour l'instant, le scénariste Takuto Aoki et le dessinateur Himiko guidé par la pensée de Yoko Taro propose une entrée en matière vicieuse et cruelle au détriment du tout merveilleux issu du conte. Une entrée en matière radicale mais qui peut aussi rendre perplexe. J'avoue avoir du mal à accrocher à la personnalité d'Alice qui subit les évènements de manière trop passive , du moins jusqu'à un certain point tout en cultivant une certaine absence d'expression.  Un personnage un peu lanterne et trop introvertie qui s'exprime surtout par de pesants monologues qui parfois ne vont pas de pair avec la situation  mais qui va sans doute se réveiller dans le prochain volume.

Dans l'ensemble, ce premier tome appelle forcément des réponses et le mieux serait sans doute d'enchainer la lecture avec le second opus histoire de ne pas se réveiller de ce cauchemar avec une petite gueule de bois.

En bref

Ce premier tome est d'abord une ouverture macabre de cet opéra singulier et cauchemardesque qu'est SinoAlice. Beaucoup de questions et peu de réponses, juste le sentiment de rentrer dans un seinen au ton affirmé , cruel et violent (aussi bien psychologiquement que physiquement), qui brouille malicieusement la frontière du rêve et de la réalité sans bien sûr apporter de sérieuses pistes. Le sentier n'est pas balisé. Avec Alice, on tombe directement dans le gouffre.

7
Positif

L'univers de Yoko Taro en manga

La promesse d'une intrigue complexe entre cauchemar et réalité avec un sinistre détournement des héroines de contes

Une ouverture macabre qui attise la curiosité

Negatif

Un premier tome qui peut rendre perplexe

Les monologues lassants du personnage principal, un peu lanterne

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