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Critique de Champignac #3

par vedge le mar. 9 mai 2023 Staff

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Parité

Une case, puis trois planches noires.

Précédent cela, une première case, la dernière de la planche qui décrit l’après dernier soupir, le passage de vie à trépas. Celui d’une femme qui, dans ces années de guerre, est victime de son choix de femme qui ne souhaite pas être mère ; Pas à ce moment-là. Celui d’une femme, à qui, comme à toutes les femmes de cette époque, on interdit d’avorter et qui meurt des suites d’une intervention d’une faiseuse d’anges. S’ensuit une page noire en totalité. Le vide insondable et absolu d’un homme, Pacôme, face à l’infini de sa tristesse et certainement de son incompréhension. LE temps passe, avec une planche noire encadrée de blanc, se fractionne en cases noires, et les bruits de la vie, d’une sonnerie, longtemps après, raccroche la tristesse infinie à la vie. Et c’est un homme prématurément vieilli, à la chevelure blanche contrastant avec ce noir désespoir, que l’on retrouve. Pacôme tel qu’on le connaît via les aventures de Spirou et Fantasio. Solitaire, déconnecté du monde, arraché à l’amour et à la vie, survivant par la science et la mycologie.

Il est donc ramené au réel par un personnage historique ayant existé, Margaret Sanger, infirmière new yorkaise, qui devant la détresse et la mort de femmes avortant dans d’effroyables conditions, crée le planning familial. Mais son rêve, partagé par Pacôme, est de libérer la femme de cette épée de Damoclès, en lui procurant un médicament facile à prendre, pour éviter de tomber enceinte. On passe alors dans une phase originale et didactique de la BD. Les auteurs, le duo de scénaristes qui se cache derrière le pseudonyme Beko, fait le choix de faire présenter par Pacôme le cycle féminin, pour les lecteurs de 7 à 77 ans, de manière simple et compréhensible par tous. Il arrive ainsi à son invention de la pilule contraceptive. Et pour une fois, on n’arrive pas à plaindre les lapins ayant servi de cobayes, mais on les prend pour ce qu’ils sont, à l’image de la coccinelle de Gotlib, une illustration amusante du propos.

Après quelques péripéties policières et familiales, Pacôme arrivera-t-il à transmettre ses travaux à celui qui, dans la réalité de l’histoire contemporaine, a été l’inventeur de la pilule contraceptive ? Vous le saurez en lisant cette BD bien sûr.

On peut humainement s’insurger aujourd’hui que la phrase dans le cimetière, dite par Pacôme, « dorénavant on ne pourra plus d’avoir fait l’amour », ne soit plus valable dans certains états des USA. Cette BD rappelle, s’il en était besoin, combien est dure et longue la route pour les femmes pour obtenir la parité i.e. l'accès des femmes et des hommes aux mêmes opportunités, droits, occasions de choisir, conditions matérielles tout en respectant leurs spécificités. Les soubresauts de l’histoire semblent d’incessants allers-retours avançant et revenants sur des droits, sur l’égalité et la liberté des femmes et des hommes. Cette BD apporte, de manière simple et ludique, sa pierre à un édifice en constante construction.

Un troisième tome qui déchire le voile de l’inénarrable tristesse du Comte de Champignac, et propose à tous, de manière didactique et humoristique, une leçon de chose et d’humanité, prônant l’égalit », la liberté et le respect. Un voyage dans le temps qui renvoi aux problématiques contemporaines de certaines femmes de par le monde ;

En bref

Un troisième tome qui déchire le voile de l’inénarrable tristesse du Comte de Champignac, et propose à tous, de manière didactique et humoristique, une leçon de chose et d’humanité, prônant l’égalit », la liberté et le respect. Un voyage dans le temps qui renvoi aux problématiques contemporaines de certaines femmes de par le monde ;

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