Quand on ne sait pas sourire

L'imagination des mangakas est vraiment inépuisable et la fantasy est une bonne source pour cela. Amateur d'ikemen, lolitas et autre introvertis, voici une nouvelle recette : la sainte super forte mais qui ne sait pas sourire et qui se fait virer... 

Adapté d'un light novel, The Saint whose engagement was broken réunit trois artistes : Koki Fuyutsuki au scénario, Mago Ayakita au dessin et Masami aux design des personnages. Ensemble ils nous proposent pour l'instant 4 tomes au Japon, 2 chez nous, où derrière de jolies couvertures calibrés se cache une histoire somme toute assez classique mais gentille à suivre. 

Sans grande originalité, nous allons à la rencontre de Philia, l'aînée d'une famille d'arrivistes qui veulent à tout prix caser leurs filles en utilisant et développant les talents magiques de celles-ci. Philia ayant à coeur de faire plaisir, elle donnera tout au point de devenir "la plus grande Sainte de l'Histoire". Sauf, qu'elle n'est pas parfaite, elle ne sait pas sourire et n'a donc pas autant de succès que sa jeune soeur plus ouverte. Elle va donc bien vite se faire répudier et vendre au pays voisin. 

Sur cette base assez classique, les auteurs ont imaginé une aventure propre à serrer le coeur des jeunes lecteurs qui plaindront le sort de Philia, Sainte sérieuse et travailleuse, soeur aimante et enfant mal traitée par ses parents. Pour ma part, j'ai trouvé cela très "tire larme" et pas vraiment très profond. C'est mignon et plein de bons sentiments mais on reste assez en surface et je ne pense pas que ça change, ce n'est pas le but ici. C'est touchant de voir son attachement à sa soeur, sa volonté de bien faire, son acceptation de son sort, oui et alors ? Cette héroïne manque de répondant et m'ennuie un peu pour le moment...

L'imaginaire des auteurs, en plus, n'a rien de bien original. On a un univers avec des "Saintes" qui combattent par leur magie des créatures maléfiques. On ne peut plus manichéen. Les créatures n'a pas grand relief, la politique est à peine dessinée et encore je suis gentille, c'est vraiment un décor en carton pâte. S'ajoutent en plus des ikemens clichés à mort : le méchant prince qui répudie celle qui ne sourit pas pour sa soeur plus mignonne ; et le gentil prince de l'autre pays, ouvert, souriant, généreux, humble, etc. C'est très très lisse.

Après, ça se lit tout seul. On se plaît à découvrir dans ce premier tome qui est Philia, d'où elle vient, de quoi elle est capable. Heureusement qu'on la sort vite de là où elle est pour un nouveau royaume où elle sera mieux employée et remerciée. C'est sympathique de la voir s'y intégrer et de suivre des personnages réalisant combien elle a été mal traitée et qui vont certainement lui apprendre à vivre autrement, en n'étant pas un bourreau de travail. Tiens, c'est peut-être le seul relief du titre, cette critique du travail à tout prix. C'est donc gentil, plein de moments mignons, et les amateurs d'aventures simples avec bons sentiments trouveront peut-être leur compte dans cet imaginaire pas compliqué à suivre.

En bref

Oeuvre de fantasy parfaite pour de jeunes lecteurs cherchant une aventure simple avec de bons sentiments, elle décevra peut-être les plus chevronnés car elle est classique et sans relief, pour ne pas dire banale. Reste la petite évasion qu'elle propose et le message contre la maltraitance et le travail à tout prix, le tout dans un imaginaire qui se demande qu'à s'enrichir. Ça peut faire une petite pause sympathique.

6
Positif

Une aventure simple mais distrayante

Une volonté de rendre les personnages attachants

La jolie relation entre les deux soeurs

Le nouveau pays qui veut lui apprendre à vivre pour elle

Negatif

Un ensemble très lisse et stéréotypé

Pas de décor ou de psychologie creusée

Une aventure un peu faiblarde

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