Sociologique et pas psychologique
Bokko est une oeuvre sociologique et non pas psychologique auxquelles nous sommes habitué, c'est à dire que le rôle au sein de la société/groupe importe plus que la personnalité de l'individu.
Ici vous ne suivrez pas Ke-Ri, mais un disciple de l'école Mo-Tseu qui s'appelle Ke-Ri. Dès le départ ces disciples sont décrit comme suivant les préceptes du maître Mozi, menant une vie rude et entièrement dévouée à défendre des villes. Que ce soit Ke-Ri ou un autre disciple n'a donc que peu d'importance puisque c'est bien les enseignements de cette école qui font la différence sur le champ de bataille et détermine l'issu du combat.
Celant étant dit, on peut donc se concentrer sur ce qui est vraiment intéressant dans ce manga. Nous allons voir pas à pas la transformation d'une forteresse décrépite, remplie de paysans apeurés et de nobles lâches ou autain en un bastion ardemment défendu par ses habitants.
De la remise en état des murailles, ou la motivation des troupes et de l'obtention du leadership en passant par l'acquisition d'informations jusqu'à la gestion des cadavres après combat, vous aurez une très bonne description de ce que c'est que de défendre une ville durant l'antiquité chinoise.
Les personnages n'ont pas besoin d'être développés plus que ça car ils ne sont pas le centre du récit. Si je devais faire une comparaison avec d'autres oeuvres, je dirais que Blame! utilise le personnage de Killy, mutique et effacé pour nous laisser nous concentrer sur les décors gigantesque et infini de la Méga Structure. Ou encore Saitama dans One Punch Man, anti-héros anonyme bien que trop fort mais au final inintéressant, nous permet de mettre en valeur tous les autres personnages (héros comme monstres). Pas besoin d'avoir un personnage principal haut en couleur pour nous plonger dans l'oeuvre, mais cela permet en contrepartie de se focaliser sur tout ce qu'il y a autour. On se fiche de savoir qui est Caiquiu, simple paysan lâche de la Chine antique. Ce qui est intéressant c'est de voir cet anonyme se transformer, assumer ou fuir ses responsabilités. Ce n'est qu'un personnage concept comme un autre. Le noble autain croyant que sa naissance fait de lui automatiquement un leader; le général ennemi expérimenté qui prétend épargner ses adversaires mais qui au final choisit le combat; les civils (femme et enfants) désarmés au milieu de tout ça qui ont un rôle à jouer avant, pendant et après le combat et qui paieront le plus gros tribut,...
Les mangas sociologique sont rares car caractériser très fortement des personnages permet de vendre du merchandising et assurer des revenus aux ayants droits. Ici pas de ça, pas de héros grandiloquent et haut en couleur dont on pourra vendre des figurines, seulement une oeuvre nous permettant d'appréhender une partie de l'Histoire de la Chine et de ses guerres.
Ce manga me rappelle "Satsuma, l'honneur de ses samouraïs". Je suis incapable de ressortir le nom des personnages mais j'ai parfaitement en mémoire le rôle de chacun, ses responsabilités, les enjeux auxquels ils font face et les moyens dont ils disposent pour répondre à ces situations.
En bref
Oeuvre sociologique et non pas psychologique. On s'immerge dans les combats avec tous les sacrifices que ça implique. On découvre un pan de l'Histoire antique de la Chine Vous ne vous identifierez pas aux personnages mais vous comprendrez ce qu'ils font et pourquoi. Ou au contraire vous ne comprendrez pas car cette époque et ces situations n'existent plus.
Positif
Pour les fans d'Histoire
Réalisme ou vraisemblance je ne sais pas mais dans tous les cas ça marche
Vulgarisation de la stratégie de l'époque
Negatif
Les personnes incapables de se mettre à la place d'une autre n'apprécieront pas









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