Quand les rêves de héros masqués refusent de mourir
1. Une histoire de passion… et de nostalgie
Avec Gekiko Kamen, Takayuki Yamaguchi propose quelque chose d’assez inattendu. L’auteur de Shigurui s’éloigne des récits historiques violents pour raconter une ode au tokusatsu, ces séries japonaises de super-héros en costume qui ont marqué des générations. L’histoire suit Otoya Jissôji, 29 ans, un homme un peu perdu qui enchaîne les petits boulots et semble complètement vide intérieurement. La mort d’un ancien camarade d’université le replonge pourtant dans un passé qu’il pensait oublié : les années passées dans un club de passionnés de tokusatsu où, avec ses amis, ils rêvaient de créer le costume parfait de héros masqué. Ce point de départ donne un manga assez surprenant. On ne suit pas un super-héros… mais des adultes qui tentent de raviver un rêve d’enfance.
2. Un manga sur l’imaginaire et la création
Le premier tome fonctionne presque comme une tranche de vie. Le récit alterne entre le présent, où les anciens membres du club se retrouvent après des années, et leurs souvenirs, quand ils étaient étudiants et qu’ils construisaient costumes et projets avec une passion presque naïve. Le manga parle beaucoup de l’importance de la fiction et de l’imaginaire. Derrière les costumes kitsch et les héros colorés se cachent des symboles, des inspirations et une culture profondément ancrée au Japon. Petit à petit, l’idée apparaît : et si ces rêves de jeunesse n’étaient pas seulement des souvenirs… mais quelque chose qui peut encore donner un sens à la vie adulte ?
3. Une œuvre étrange… mais fascinante
Gekiko Kamen peut surprendre au début. Le manga ne propose ni baston spectaculaire ni intrigue classique de super-héros. Il prend le temps de poser ses personnages, leur nostalgie et leur passion pour un art souvent considéré comme kitsch. Mais c’est justement ce qui fait sa force. Plus on avance dans le tome, plus on comprend que l’auteur cherche à raconter une histoire sur la créativité, l’amitié et la manière dont les passions façonnent nos vies. Et derrière ce récit presque mélancolique se cache peut-être la promesse d’un retour du héros masqué : Gekiko Kamen.
En bref
Avec Gekiko Kamen, Takayuki Yamaguchi signe un manga très différent de ce qu’il a fait auparavant. Entre tranche de vie, hommage au tokusatsu et réflexion sur la nostalgie, le premier tome propose une lecture originale et touchante. Un début qui peut dérouter, mais qui se révèle finalement être une véritable déclaration d’amour à l’imaginaire et aux rêves que l’on refuse d’abandonner.








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