Pourquoi le boucher ?
Singulière suite à la hauteur de cette singulière série quand même très nippono-nippon.
L'auteur poursuit son hommage au Toku mais lui confère peu à peu quelque chose d'étrange et inquiétant. Avec ces personnages antisociaux, il interroge et questionne, notamment sur leurs intentions. Et tout en répondant à l'un des mystères de la série, il en crée plein d'autres.
Nous retrouvons en effet Jissôji avec l'une de ses anciennes camarades du club de Tokusatsu. Ensemble ils croisent une nouvelle étudiante qui voudrait rejoindre leur ancien club, l'occasion d'évoquer leurs souvenirs. Si le récit de leur passion et de tous les sacrifices qui furent nécessaire pour elle était assez intéressant car cela permettait d'avoir un regard plus concret et réaliste sur le Toku, celui sur les raisons de la fermeture du club interpelle.
J'ai aimé plonger dans les coulisses de leur club, découvrir l'entraînement nécessaire, voir que ce n'était pas qu'une envie de se déguiser. C'était prenant et techniquement intéressant. J'ai eu plus de mal avec la personnalité singulière de Jissôji qui a un petit côté sociopathe qui me met très mal à l'aise. Il est terriblement froid, terriblement décalé avec les autres également, ça peut donner froid dans le dos.
D'ailleurs le récit de l'incident à l'origine de la fermeture du club et de son surnom de boucher donne froid dans le dos pour plusieurs raison. Il montre les limites de leur désir de jouer les justiciers dans la vraie vie. Il interpelle sur les violences ordinaires et le harcèlement scolaire devenu si banal au Japon qu'il en vient à être intégré par les victimes comme s'ils n'en souffraient pas. Enfin, il questionne le système judiciaire qui ne pointe pas le mensonge d'un témoin et d'une présumée victime alors qu'ils ont des vidéos contradictoires... Est-ce l'auteur qui fait preuve d'illogisme ici ou est-ce une critique du système judiciaire ?
En bref
En tout cas, ce 2e tome a pris un volet bien plus sombre et dramatique, continuant à montrer à la beauté de leur passion pour le Toku mais aussi ses limites. J'aime l'hommage. J'ai plus de mal avec la critique sociétale dont j'attends un peu plus dans les prochains tomes. Cela reste en tout cas une lecture saisissante.








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