La Grenouille Maudite !
Après cinq années bien remplies chez DC Comics, dont le pic créatif reste sa saga du Quatrième Monde, Jack Kirby est retourné à la surprise générale chez Marvel, une nouvelle collaboration annoncée par Stan Lee à la convention Marvelcon en 1975. Si ce retour fut finalement de courte durée (pour plusieurs raisons dont le problème récurrent autour des planches originales du King), Jack Kirby fut en un peu plus de deux ans aussi prolifique qu'à son habitude avec des séries comme Captain America, Black Panther, The Eternals, 2001 : A Space Odyssey, Machine Man, Devil Dinosaur...
Sur les titres dont il s'occupait, Jack Kirby était son propre responsable éditorial et faisait en gros ce qu'il voulait, sans vraiment suivre le ton et la continuité des histoires de ses prédécesseurs. C'est le cas pour Black Panther qui, pour son tout premier comic-book à son nom, s'éloigne des Jungle Action de Don McGregor (pour ce que j'en sais car j'avoue que je n'en ai pas beaucoup lu). Je n'ai lu que les trois premiers numéros du vol.1 de Black Panther, qui forment un arc complet, et lorsque je les ai découvert dans le pocket L'Inattendu, j'ai cru que j'avais pris le titre en cours de route alors qu'il s'agissait bien des #1 à 3.
Jack Kirby a en effet débuté son histoire in media res, alors que la Panthère et le mystérieux Mr Little sont déjà à la recherche d'un étrange artefact en forme de grenouille. On apprend juste au fur et à mesure que Mr Little connaissait le grand-père de T'Challa et que c'est pour cela que le roi du Wakanda a accepté de le suivre. Pas d'explications supplémentaires, Kirby déroulant alors une aventure qui ne manque pas de rebondissements et qui puise dans ses "obsessions" habituelles puisqu'on passe d'un mélange de différentes mythologies dans la description du passé de la machine en forme de grenouille à des visions cosmiques hallucinées d'un possible futur de la planète Terre.
Du pur Kirby donc, qui ne s'embarrasse ici pas vraiment de caractérisation (même l'autre protagoniste, la Princesse Zanda, manque de profondeur et ressemble physiquement à une échappée des Folles Furieuses de l'Apokolyps de Darkseid chez la Distinguée Concurrence) pour privilégier le rythme (c'était la période où les comics Marvel faisaient 17 pages, en allant souvent droit à l'essentiel) et l'action via le dynamisme de ses planches et ses inventifs designs de créatures, ce qui débute comme une classique quête au trésor virant rapidement à la S.F. débridée dès le deuxième chapitre.









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