Les cendres aux cendres, la poussière à la poussière...
Dust to Dust est une histoire que le scénariste et dessinateur J.G. Jones a porté en lui pendant de nombreuses années. En 2011, un article d'un site spécialisé dans les comics en parlait même dans les projets à venir de Jones mais l'artiste a commencé à se faire plus rare suite à son long combat contre une forme rare de cancer du sang. Depuis il va mieux et il a eu l'occasion de se remettre à Dust to Dust avec son ami et collaborateur Phil Bram, une bande dessinée qui a rejoint le label Giant Generator chapeauté par Rick Remender chez Image Comics.
La publication ne s'est pas faite sans quelques cahots sur ces chemins poussiéreux de l'Amérique profonde. En effet, après cinq numéros disponibles sur un rythme mensuel à partir de décembre 2024, les sorties des trois derniers chapitres de la deuxième moitié de Dust to Dust se sont péniblement échelonnées sur presque un an, en août 2025, janvier et avril 2026, soit une année et demi en tout pour huit épisodes. À l'origine, J.G. Jones et Phil Bram avaient en tête un seul album, un graphic novel comme on dit, avant de retravailler leur scénario pour un format épisodique...et il aurait peut-être mieux valu s'en tenir au plan initial...
Dust to Dust développe un mystère autour d'une série de plusieurs meurtres se déroulant dans une période qui a toujours fasciné les auteurs, le Dust Bowl. C'est ainsi qu'ont été appelées des tempêtes de poussière qui ont provoqué des catastrophes aussi bien écologiques qu'agricoles aux Etats-Unis dans les années 30, particulièrement dans l'Oklahoma (le lieu de l'action de l'album), le Texas et le Kansas. Ajoutez à cela les difficultés de la vie pendant la Grande Dépression dans l'Amérique d'entre-deux guerres et cela donne une toile de fond intéressante qui nourrit le parcours des personnages principaux.
J.G. Jones et Phil Bram soignent autant la reconstitution historique que la caractérisation des protagonistes, une distribution dominée par Lawton Meadows, un shérif hanté par son passé, et Sarah Grange, une photojournaliste pugnace. Les morts horribles qui secouent ce trou perdu vont réveiller pas mal de rancoeurs et de secrets enfouis. Le début est très, très lent...il faut deux chapitres pour présenter tout ce beau monde, le contexte, les inimitiés et les dangers des tempêtes de poussière. L'enquête ménage ensuite un suspense plutôt bien mené, des interrogations, des passages plus violents lors des attaques brutales du tueur...mais le duo a tellement pris son temps au début que les réponses apportées m'ont semblé un peu trop expédiées dans l'ultime numéro.
Je suis également partagé concernant la partie graphique. Il y a de très belles choses, du soin apporté aux détails et des planches visuellement puissantes lorsque la nature se déchaîne...mais J.G. Jones n'est hélas pas assez régulier sur certains aspects. Il peine à assurer une cohérence visuelle pour les visages par exemple...Sarah est parfois dessinée avec l'apparence de Cate Blanchett et dans d'autres cases non, pareil avec le maire et ses traits à la James Cagney. Quant aux #7 et 8, ils n'ont plus la même tenue que les premiers (alors que Jones a eu plus de temps pour les terminer) et sont bourrés d'approximations au niveau des silhouettes et (là encore) des visages (même le shérif n'a plus la même tête qu'au début...et ce n'est pas à cause des coups qu'il a pris). Et la dernière page est totalement ratée...dommage pour un sujet prometteur passé en grande partie à côté de son potentiel.
En bref
Les couvertures alternatives par une belle galerie de noms comme Duncan Fegredo, Olivier Coipel, Dave Johnson, Paul Renaud ou encore Matteo Scalera sont compilées en fin d'album.









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