Retour à la poussière
Un tueur en série au milieu des tempêtes de poussière dans l'Amérique profonde des années 30, alors touchée par la grande dépression, voilà un pitch de départ plutôt alléchant, juste au départ, car Dust to dust de JG Jones et Phil Bram est malheureusement gâché par une narration laborieuse et un style graphique peu évident.
C'est une petite déception que ce Dust to dust , comics sublimé par une première de couverture intrigante. La première partie de ce comics, paru à la base en format épisodique aux Etats-Unis et édité dans un hardcover intégrale chez Delcourt, pose les bases d'une intrigue qui a l'air à première vue solide. Nous sommes en 1932, dans la petite ville de New Hope, une petite ville qui tente de survivre à la grande dépression n'épargnant personne dans cette Amerique rurale. C'est ainsi qu'une famille de pauvres fermiers va tenter sa chance en Californie mais une tempête de sable, une dust bowl s'abat sur eux sauf que le plus grand danger n'est pas forcément la tempête de poussière en elle-même mais un étrange énergumène portant un masque à gaz et une batte de baseball... Alors que les morts commençent à pleuvoir sur la petite ville de New Hope, Oklahoma, le shériff Meadows mène l'enquête en compagnie de Sarah, une photographe et journaliste déterminée...
Les premiers chapitres de Dust to dust sont plutôt convaincants. A l'instar du western La Horde Sauvage, la bd s'ouvre sur un gros plan sur des insectes en train d'être bruler par un garçon, peut-être la case annonciateur de la sauvagerie qui s'abat sur cette petite ville rurale. Les visages sont détaillés ,crispés par l'effort et visuellement la bd emprunte toute sa force à l'âge d'or Hollywoodien avec des personnages dont le visage ressemble à des acteurs et actrices de cinéma... Cela frise un peu le pastiche et la copie figée mais cela donne un aspect très cinématographique à ce comics loin d'être déplaisante. Le titre gagne même en spectaculaire à l'approche des tempêtes de poussières.
La colorisation tout en sepia accentue la densité de cette bd et vient s'harmoniser avec les atmosphères poussières de cette petite ville de l'Oklahoma plongée dans la sécheresse. Le ton est donné, le tueur masqué est angoissant tandis que nous découvrons peu à peu les différents habitants de cette ville et leurs secrets.
Malheureusement, plus l'album avance, plus l'intrigue devient laborieuse. L'intrigue autour des meurtres est entrecoupés de passages plutôt nébuleux entre l'intervention inutile d'un faiseur de pluie dont on se demande l'inutilité, un portrait autour du racisme peu approfondie, le passé douteux d'un maire qui se révèle à vitesse grand V sur les dernières parties, la jeune fiancée bafouée par son copain... L'intrigue criminelle vient s'enliser sous une poussière superficielle.
Même le dessin n'arrive pas à suivre avec des personnages dont le visage finit par changer en cours de route, le tout peu aidé par une narration très laborieuse. Notons par exemple le combat contre le tueur au masque à gaz dans une maison avec une action figée qui s'enchainent sans fluidité. C'est parfois illisible et cela vient gâcher le plaisir de lecture alors que le style tout en pastiche de J.G Jones fait parfois merveille avec son sens du détail, cette immersion réussie mais le visuel finit par devenir aussi figée qu'une vielle affiche de cinéma.
Dust to dust nous plonge dans les derniers chapitres dans une noirceur un peu préciipité qui aurait gagné à être plus détaillé sur les motivations des personnages. Le comics s'achève sur une fausse case presque optimiste qui plombe un peu l'ambiance avec un peu plus de questions que de réponses. Un coup dans l'eau pour Dust to dust qui , malgré de bons premiers chapitres, s'enlise dans la poussière.
En bref
Entre pastiche visuel hérité de l'âge d'or hoolywwodien et fiction policiere dans un cadre historique bien précis, l''Amérique rurale des années 30 durant la période des tempêtes de poussière, Dust to Dust démarre sous les meilleurs auspices. Malheureusement, ce comics immersif, finit par manquer de clarté et d'intérêt pour un maigre résultat final.
Positif
Le cadre des dustbowl pendant la graande dépression
Le style graphique directement inspiré des affiches de cinéma et de certains acteurs et actrices
Une atmosphère immersive avec l'apparition spectaculaire des tempêtes de poussière
Negatif
Un postulat de départ qui ne tient pas ses promesses
Un final decevant
Une absence de clarté et de lisibilité dans la narration avec des personnages visuellement peu cohérant.









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