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Critique de Falstaff

par Le Baron Rouge le dim. 20 sept. 2026 Staff

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Falstaff

Adapter le théâtre en bande dessinée est une très bonne idée. Le neuvième art nous offre, depuis quelques mois, d’excellents exemples.
S’attaquer à Shakespeare n’est pas une mince affaire. Surtout quand il s’agit de pièces plutôt longues au langage ardu.
Dans Falstaff, les auteurs s’en sortent à merveille. Je n’ose pas imaginer la somme colossale d’heures de travail, tant le texte original est dense, à la fois grave et drôle, soutenu et populaire. Il s’agit ici de mettre bout à bout les deux pièces Henri IV, parties 1 et 2, et de concentrer l’intrigue autour du personnage de Falstaff, qui deviendra le mentor joyeux et impertinent du jeune prince Harry.
Falstaff se rêve en grand seigneur. Il a tout, sauf la noblesse de sang et encore moins de l’âme. La vantardise, la ruse, la gloutonnerie et l’hédonisme le caractérisent. Il incarne tout ce qu’un roi ne doit pas être, et va pourtant devenir le mentor et compagnon du prince de Galles encore adolescent.
Falstaff se résume en une sorte de bouffon, tantôt nécessaire, tantôt encombrant et toujours truculent.
Il était un personnage très populaire dans le théâtre de Shakespeare. Tellement populaire que la reine elle-même exigea qu’il réapparaisse dans d’autres pièces. Le dramaturge s’exécuta dans Les Joyeuses Commères de Windsor, mais le fera mourir dans Henri V.

Évidemment, pour la logique du récit, les auteurs ont été obligés de faire quelques concessions à l’histoire originale en évitant de s’appesantir sur les batailles contre les rebelles du royaume, etc.

Cette bande dessinée est une réussite totale. Pierre Boissière maîtrise son sujet à la perfection et rend hommage au dramaturge sans dénaturer le texte original. Les moments de tension alternent avec les moments plus humoristiques, plus « farces ». Les dessins de Goho collent au rythme de la narration. Le tout est rehaussé par un très bon travail sur les couleurs d’Isabelle Merlet.

Les deuxième et troisième pages de couverture sont de petites madeleines qui rendent un bel hommage au théâtre.

À lire de toute urgence.

En bref

Henri IV veut partir en croisade pour expier ses fautes, mais, retenu par des querelles et des rébellions dans son royaume, il doit faire face à une santé défaillante. Son fils, le jeune prince Henri, doit apprendre sa vie d'homme et de futur roi. Il croise la route du truculent Falstaff, prince de la débauche, roi de la vantardise, seigneur des cuisines... On fait mieux comme mentor.

10
Positif

- Scénario

- Originalité

Negatif

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