J'adore vraiment quand il s'envole...
C'est la tradition : lorsque les personnages de DC et Marvel se rencontrent, les deux maisons d'édition proposent leur one-shot chacun à leur tour. Donc après le Superman/Spider-Man de DC, c'est au tour du Spider-Man/Superman de Marvel de rejoindre le coffret proposé par Urban Comics pour l'édition française (avant l'inévitable recueil en Hardcover qui vient tout juste de sortir au moment où j'écris ces lignes). Le modèle reste le même : une longue histoire principale avec les héros-titres, accompagnée par plusieurs petits récits faisant intervenir une grande partie des héros et vilains des deux univers.
Un univers laissant ici la place à la dimension de la "Terre Partagée", astuce permettant de faire cohabiter sur une même planète l'Homme Araignée et l'Homme d'Acier tout comme leurs nombreux amis et ennemis. La première histoire de 27 pages est scénarisée par Brad Meltzer et est dessinée par le très bon Pepe Larraz, qui fait une nouvelle fois la démonstration du dynamisme de son style dans l'action et aussi de l'élégance et de l'expressivité de ses traits dans les passages plus calmes. Meltzer a choisi de débuter directement en pleine action, alors que Spider-Man et Superman se retrouvent dans une situation compliquée après un combat contre une coalition de leurs adversaires.
Pendant la moitié du one-shot, le scénariste se concentre uniquement sur les deux héros, piégés sous des tas de décombres, avec un Supes affaibli par la kryptonite. Meltzer écrit des échanges savoureux, amusants dès la première page, des moments de discussions légers (et d'autres un peu moins) qui n'empêchent pas la situation de se faire de plus en plus tendue au fil des pages. Le combat n'occupe pas la plus grande portion de ce numéro et ce n'est même pas gênant car l'épilogue qui se termine sur la rencontre entre les familles Kent et Parker est un joli moment de feel-good.
J'ai préféré les compléments de cette partie Marvel à ceux de DC. En seulement 5 pages, Marcos Martin régale les mirettes sur un scénario de Slott qui orchestre habilement un team-up entre Spider-Man Noir et le Superman de l'Âge d'Or. Moins bien, le bavard Lana Lang/Gwen Stacy de Joe Kelly vaut principalement pour les dessins d'Humberto Ramos. En huit pages, les compères Geoff Johns et Gary Frank livrent l'équivalent d'un Crisis, entre action explosive et échange assez touchant entre Superman et la Chose.
La vignette avec Steel et Thor est certes anecdotique mais le rythme est bon et j'apprécie toujours autant les dessins de Todd Nauck. Le Ghost Spider/Supergirl est plus oubliable (surtout avec Phil Noto aux dessins), l'échange entre Superman et Miles Morales est sympathique (mais je préférais Sara Pichelli à l'époque d'Ultimate Spider-Man), la rencontre entre Wonder Woman et la puissante Thor par Jason Aaron et Russell Dauterman m'a donné envie envie d'un épisode plus long centré sur ce duo et le dernier segment très court (seulement deux pages) avec les deux héros vedettes aborde le deuil avec justesse (et Jeph Loeb sait de quoi il parle).
En bref
Pas de place pour des bonus, on retrouve juste en fin de volume le crayonné de la couverture alternative par Greg Capullo.








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