L’Arbre au pendu, la vengeance dans le sang
1. Trois destins au cœur d’un western impitoyable
Avec L’Arbre au pendu, Jean-François Di Giorgio et Fabrizio Des Dorides poursuivent leur western sombre et violent, dans un Wyoming où les armes parlent souvent avant les hommes. Au centre du récit, Emma Bridges continue de rechercher ses deux filles enlevées. Cette mère déterminée traverse les grands espaces avec un seul objectif en tête, même si chaque rencontre peut se transformer en menace. Son chemin croise celui de Bill, un jeune homme dévoré par la vengeance, et de Diego, un bandit mexicain prêt à tout pour s’emparer des chevaux du Creek Ranch. C’est justement dans ce ranch que les trois trajectoires vont se rejoindre. Alors qu’Emma et les hommes d’Algernon Wood s’apprêtent à défendre la propriété contre l’assaut des pillards, Bill poursuit ses propres objectifs. Traumatisé par le massacre de sa famille durant son enfance, il veut faire payer à Algernon les souffrances qu’il a endurées. Son désir de vengeance va bouleverser les plans et transformer l’affrontement en un véritable carnage.
2. La vengeance, moteur d’un récit qui ne fait aucune concession
Ce deuxième tome approfondit surtout le personnage de Bill. Là où Emma reste guidée par l’espoir de retrouver ses filles, quitte à faire preuve de patience et de prudence, Bill est prisonnier d’une haine qui ne lui laisse aucun répit. Il ne cherche plus seulement à obtenir justice : il veut faire souffrir ceux qu’il considère comme responsables, quitte à s’en prendre à des innocents. Deux personnages marqués par la violence, mais dont les motivations et les méthodes s’opposent radicalement. Jean-François Di Giorgio multiplie les flashbacks pour éclairer le passé des protagonistes et donner du sens à leurs actes. Le récit gagne ainsi en profondeur, même si les retours en arrière et les ellipses peuvent parfois rendre certains passages difficiles à suivre. L’action reste omniprésente : fusillades, duels, attaques et poursuites rythment l’album. La violence atteint un niveau particulièrement élevé, au point que l’accumulation des morts et l’abondance de sang risquent de prendre le dessus sur l’histoire. Le résultat est un western rugueux, qui assume pleinement sa brutalité, mais dont la surenchère pourra diviser.
3. Un dessin spectaculaire pour un western sans pitié
Au dessin, Fabrizio Des Dorides confirme son talent pour mettre en scène les affrontements. Son trait réaliste donne du relief aux personnages et aux décors du Wyoming. Les grands espaces lumineux contrastent avec les scènes plus sombres, tandis que le découpage dynamique accompagne efficacement les fusillades et les combats. La mise en couleurs de Garluk renforce cette ambiance âpre et dangereuse. L’album reprend les grands codes du western : des personnages hantés par leur passé, des règlements de comptes, des bandits sans scrupules et une héroïne qui tente de survivre dans un monde où la violence impose sa loi. Emma demeure le personnage auquel on s’attache le plus facilement, grâce à sa détermination et à sa quête maternelle. Son histoire reste cependant inachevée : malgré les révélations de ce deuxième tome, le sort de ses filles demeure au cœur des interrogations. La conclusion prépare donc un troisième album qui devra apporter les réponses attendues et refermer cette trilogie sanglante.
En bref
Wyoming, 1863 – L’Arbre au pendu propose un western brutal où les destins d’Emma, de Bill et de Diego convergent dans un affrontement meurtrier. Le scénario approfondit les motivations des personnages et enchaîne les scènes d’action, tandis que le dessin réaliste de Fabrizio Des Dorides donne toute son ampleur aux fusillades. La violence omniprésente et certaines ellipses narratives peuvent toutefois nuire à la lecture. Un deuxième tome sombre et spectaculaire, qui laisse Emma toujours en quête de ses filles et prépare un final sous haute tension.







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