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Critique de Batman - Année 1

par DreamProphet le dim. 14 oct. 2012

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La nuit leur appartient

?uvre-phare, s'il en est, de la bande-dessinée américaine, le mythique Batman : Année 1 de Frank Miller et David Mazzucchelli bénéficie chez l'incontournable Urban Comics d'une nouvelle édition supervisée par le dessinateur lui-même. L'occasion idéale de revenir sur ce monument fondateur du comic book moderne.

Sorti un an auparavant, le titanesque The Dark Knight Returns avait fait l'effet d'une bombe dans l'industrie du comic book. Histoire désenchantée et crépusculaire d'un Bruce Wayne vieillissant reprenant la cape et le masque pour sauver sa ville condamnée, le chef-d'?uvre de Frank Miller propulsait le Batman dans ses derniers retranchements, le temps d'un baroud d'honneur en forme de manifeste esthétique et narratif. Bien décidé à ne pas en rester là et à imposer définitivement sa vision du justicier de Gotham, il remet le couvert, retrouvant son complice de Daredevil: Born Again, le talentueux David Mazzucchelli, et se penche sur les débuts de Batman. Pour ce faire, il investit le terrain du polar urbain, genre idéal pour écrire sur ce héros, et fait de Bruce Wayne et James Gordon, alors simple lieutenant, les protagonistes de son histoire. Car en grand fan de récit policier, Miller délaisse un temps les combats super-héroïque et les supers-vilains, préférant une intrigue faite de corruption, de maffieux et d'intégrité. La principale réussite de cette Année 1 réside là, dans son refus de l'héroïsme à tout prix (la première sortie de Bruce Wayne dans l'East End de Gotham), dans son humanité prégnante (les déboires privés de Gordon) et dans sa description minutieuse d'une ville en attente de nettoyage.

Le récit aurait tout aussi bien pu s'appeler Gordon: Année 1, car en racontant en parallèle les destinées de Wayne et du futur commissaire, Miller ne néglige aucun des deux personnages, leur accordant le même temps de présence, et insistant sur la complémentarité de leurs histoires respectives (Wayne se réappropriant sa ville, Gordon essayant de se faire une place). Il parvient même à intégrer Harvey Dent et Selina Kyle à son exemplaire scénario, anticipant avec brio sur les aventures à venir du Batman. Adepte d'un dessin expressionnisme aux couleurs discrètes et aux noirs profonds, David Mazzucchelli s'applique avec talent à retranscrire l'univers de série noire décrit par Miller, jouant sur le dynamisme de ses personnages et l'atmosphère de la ville pour mieux immerger le lecteur eu sein de cette histoire sombre et humaine. À l'occasion de trois images désormais cultes, il parvient même à réinventer les archétypes batmaniens avec un culot sidérant : l'arrivée de la chauve-souris dans la bibliothèque (« Oui, père. Je serai chauve-souris. »), la première apparition de Batman lors d'un diner entre corrompus, et la dernière image de Jim Gordon, annonciatrice des évènements à venir. Aussi marquant que sur Daredevil, son trait de crayon fait ici des merveilles.

En bref

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