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Critique de Ressentiment #1

par Charlie One le ven. 31 oct. 2014 Staff

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Ressentiment, c’est l’histoire de l’archétype de l’homme trentenaire qui a raté sa vie et va aller se réfugier dans le monde virtuel pour tenter d’avoir tout ce qu’il ne peut pas obtenir dans la vie réelle. MAIS qui ne va pas réussir non plus là-bas. C’est un raté, on vous dit.

Ce qui frappe de prime abord, ce sont bien évidemment les graphismes. Derrière une couverture relativement classique et assez bien dessinée se cache un bon pavé de pages au trait grossier et caricatural par moment, donc très facilement rebutant pour peu qu’on se laisse décourager. Malheureusement, le dessin est le dernier des soucis de ce manga et en serait presque la seule qualité car mettant très bien en relief le dégoût qui ressort de cette lecture.

Notre « héros », ici Takuro Sakamoto, est dépeint comme un raté, un gars misérable, un incapable perdant tous ses moyens à 3 mètres d’une fille, sauf si celle-ci se retrouve être sa mère ou alors une prostituée. C’est aussi un homme qui passe le plus clair de son temps à se morfondre, à se plaindre et à noyer sa triste vie dans l’alcool, entouré de ses amis tout aussi gâtés que lui par la vie. Jusqu’au jour ou l’un de ces derniers lui parle d’Unreal, qui serait à priori la réponse à tous ses problèmes. Donc pour la modique somme de 4000 euros, Takuro creuse un peu plus le fond dans lequel il est pour pouvoir coucher avec une fille gratuitement. J’en profite pour déconseiller à quiconque traversant actuellement une dépression.

Pour une bonne partie voire la première moitié de ce volume double, nous suivons ainsi les frasques d’un personnage aussi repoussant physiquement qu’intérieurement et apparemment très en souffrance (empathiques s’abstenir)… Il y a aussi Tsukiko, le programme que Takuro a choisi pour copine. Loin d’être développée plus que cela, il faut se contenter de son comportement particulier – un bug quoi - qui la pousse à rejeter notre prince charmant et aller voir ailleurs, plus précisément son créateur. C’est là que nous entrons dans la phase « mystère » du scénario mais (!) la bonne idée qui aurait pu/dû rehausser la qualité du titre, à savoir cette réalité virtuelle qui ne demandait qu’à être développée, n’en est pas une.

C’est bien gentil de nous servir de la science-fiction mais à la vue de toutes les incohérences et énormes ficelles, on ne constate qu’une chose : cette histoire est absurde. Non pas qu’il faille tout expliquer dans les moindres détails. Il est même assez facile d’imaginer qu’un jour, on puisse créer nous même une réalité virtuelle digne de ce nom dans laquelle nous pourrions nous plonger. Et ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un tel thème est traité que ce soit dans le monde de la bande dessinée, des séries ou du cinéma. Non, ce qui est insupportable c’est de nous pondre de grossières invraisemblances telles que l’existence/création d’un Dieu Virtuel et la possibilité de télécharger entièrement sa conscience sur un serveur (i.e. « inverser les réalités » ou comment passer à un récit fantastique abracadabrant)… Et puis comme on est parti pour faire n’importe quoi, autant lui donner une apparence grotesque à ce Dieu et rester dans la ligne directrice qui est d’exagérer autant que possible sur les apparences.

Avant de conclure, n’oublions pas la vie, certes restreinte mais existante, de Takuro en dehors de sa chambre et qui l’amène à fréquenter une collègue féminine qui collectionne elle aussi tous les défauts possibles. Je ne comprendrais décidément pas cette propension à partir ainsi dans les extrêmes. Tout est noir dans cette histoire bon sang ! Un tableau purement pessimiste où les hommes sont des chiens accro au « berlingot ». C’est triste quand même.
Et pendant qu’on y est, je m’en contrecarre de voir la couille de Takuro dépasser de son caleçon ou de le voir chier ou encore de le voir vomir. J’ai très bien compris que ce trentenaire était répugnant… dès la première page !

En bref, ce que Ki-Oon présente comme une perle n’est rien d’autre qu’un ramassis de personnages mal dégrossis, évoluant dans un monde (réel et virtuel) où les losers sont légions, où le sexe* est le centre de toutes les préoccupations (avec mission de déblocage pour déflorer sa compagne), où un génie de l’informatique a réussi à créer un Dieu et où ton sexe peut prendre, sans pression aucune, l’apparence d’un renard... Et la leçon de morale dans tout ça ? Surement que l’on est ce que l’on est que ce soit constitué de pixels ou de chair et de sang.

L’étoile, c’est pour le chien à 3 yeux dont le design est vraiment pas mal et parce que malgré tout, le titre ne m’a pas laissé indifférent.

*L’accouplement pixélisé, pour les curieux, c’est page 413… Du grand n’importe quoi !

En bref

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