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Critique de Golden Kamui #1

par Skeet le lun. 12 sept. 2016 Staff

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La ruée vers l’or

L’histoire débute au Japon, plus précisément sur l’île d’Hokkaido, au début du XXème siècle. Saichi Sugimoto, un célèbre soldat surnommé “l’immortel”, essaie de trouver de l’or dans les rivières pour tenir une promesse faite à un compagnon de guerre. C’est là qu’il apprend que le peuple Aïnou aurait accumulé et caché une grande quantité d’or pour arriver à faire face aux japonais. Mais un beau jour, le trésor fut volé et les Aïnous qui le protégaient massacrés. Le voleur s’est rapidement fait rattraper et emprisonner mais a eu le temps de cacher le trésor sur l’île....

Ayant des complices à l’extérieur, l’homme a tatoué ses co-détenus qui ont réussi à s’échapper par la suite. Ces tatouages sont censés mener à l’emplacement du trésor tant convoité… C’est ainsi que Sugimoto va décider de se lancer dans cette quête un peu folle à la recherche de l’or des Aïnous accompagné d’Ashirpa, une jeune fille Aïnou l’ayant littéralement tiré des griffes d’un ours brun…

Le choc des cultures

D’entrée de jeu, Golden Kamui présente un certaine originalité puisqu’il nous présente le peuple Aïnou, plutôt méconnu. Ce peuple vit au nord du Japon (sur l’île d’Hokkaido donc) mais aussi à l’est de Russie. De nos jours, leur population serait d’environ 150 000 individus mais rien de bien précis.

C’est grâce au personnage d’Ashirpa qui partage ses connaissances avec Sugimoto qu’on découvre les talents de ce peuple pour la chasse, la pêche et la survie en général. On voit que l’auteur s’est bien documenté puisqu’il nous donne de nombreux détails sur les techniques de chasse, la faune et la flore mais aussi sur la culture Aïnou. On a donc un peu l’impression de s’instruire un peu malgré tout et c’est plutôt agréable car pas rébarbatif. C’est d’ailleurs ce mélange de chasse au trésor et de découverte de ce peuple et de son environnement qui rend ce titre très agréable à lire.


The revenant Break

Quand j’ai commencé la lecture de Golden Kamui, j’ai tout de suite pensé “en fait, c’est un mix entre The revenant et Prison Break”. Alors certes, c’est un raccourci un peu facile je vous l’accorde et surtout pas très juste en fait ! Le côté Prison Break c’est uniquement pour le coup des tatouages des prisonniers bien que là les tatouages n’ont pas servi pour s’échapper de prison ! Mais la ressemblance avec The revenant est déjà plus juste. En effet, même si l’action ne se déroule pas au même endroit, dans les deux cas, il est question de survie : d’une part face à la nature hostile (notamment les conditions climatiques plutôt frisquettes, c’est le moins qu’on puisse dire !) et d’autre part face à l’Homme. Les deux oeuvres parlent également de guerre et de l’oppression des peuples aborigènes. Bref, il est donc légitime de faire référence à The revenant quand on parle de Golden Kamui.

Concernant le fond du scénario, les deux oeuvres n’ont pas grand chose à voir. Golden Kamui se présente comme un récit un peu plus “ludique” si on peut dire, puisqu’il s’agit d’une chasse au trésor géante tout de même. Mais le tout reste plutôt sérieux et l’ambiance parfois pesante… c’est un seinen après tout !

Par contre, l’introduction de ce manga est assez rapide et l’auteur semble déjà nous dévoiler énormément de choses tout au long de ce premier tome… c’est presque un peu trop ! On espère donc qu’il en a encore sous la pédale mais ne jugeons pas sur cet aspect, la suite nous le dira !

Côté dessins, le ressenti est plutôt mitigé. Les décors, les armes et les habits des personnages sont bien dessinés mais j’ai eu un peu de mal avec les visages, surtout au niveau des yeux. Sur bon nombre de cases, les yeux font un effet étrange, ils sont un peu disproportionnés ou alors ils font un peu tâche avec le reste.


Encore le coup de la petite fille…

Décidément, les japonais aiment mettre en scène de jeunes personnages féminins même quand il n’y en a pas vraiment besoin ! J’avoue être un peu lassé, voire exaspéré par cette manie qu’ont bon nombre d’auteurs (ou alors ils sont “forcés” par leurs éditeurs allez savoir...). La petite Ashirpa semble avoir une dizaine d’années mais est déjà rompue à la chasse et autres activités favorites des Aïnous. Même si cela reste probablement réaliste, est-ce que c’était nécessaire de nous servir encore une fois ce genre de personnage ? Est-ce qu’on n’aurait pas pu se contenter d’un Aïnou adulte pour une fois (cela n’aurait choqué personne dans un seinen je pense !) ?

Cette remarque ne reflète bien entendu que mon ressenti personnel suite à de nombreuses lectures et en toute objectivité, cela ne dénature aucunement cette oeuvre, bien heureusement (si la jeune fille avait porté une tenue de Gothic Lolita, cela aurait été différent !).

Pour conclure, ce premier tome s’avère être un savant mélange d’aventure relativement classique et de découverte de la culture Aïnou. On apprend un certain nombre de choses et surtout on prend plaisir à s’immerger dans ce récit à l’atmosphère “glaciale” au sens propre du terme !

En bref

Ce premier tome s’avère être un savant mélange d’aventure relativement classique et de découverte de la culture Aïnou. On apprend un certain nombre de choses et surtout on prend plaisir à s’immerger dans ce récit à l’atmosphère “glaciale” au sens propre du terme ! En tout cas, c'est passé à deux doigts du coup de cœur mais peut-être pour le 2ème tome ;)

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