Parfois, vous ne cherchez pas un livre, c’est le livre qui vient à vous lors d’une brocante, avec pléthore d’images du passé. Snoopy… il me rappelle une voix maternelle qui me dit qu’elle adore ce chien et que je devrais essayer, ou encore, j’ai l’image d’un petit bonhomme que j’étais, cherchant dans les fonds de la bibliothèque municipale d’autres personnages à découvrir. Snoopy ne fut pas un de mes préférés… mais les goûts changent, n’est-ce pas ?
Les Editions Dargaud ont édité à l’identique de la version américaine des intégrales du petit chien, chaque tome peut se lire indépendamment. Il s’agit ici du dixième volume intégrant les strips du premier janvier 1969 au 31 décembre 1970.
Une couverture mobile contre la poussière entoure le rectangle épais cartonné avec de multiples dessins du Beagle dessus. Snoopy est en mode pilote de ligne virtuelle sur sa niche avec un fond doré. Du noir est sur la gauche avec les informations propres à chaque ouvrage et un petit dessin en haut. Un personnage situé en haut des tranches, est toujours dessiné dans un cercle, références aux tableaux anciens. En dessous, le chien sur sa niche, qui apparaîtra dans tous les tomes avec des couleurs différentes. Bref, le tout est superbe, la maquette délicieuse, et bien pensé.
Une introduction est présente dans chaque tome par une célébrité américaine, ici Mo Willems, auteur de comics. Il nous remet dans le contexte tout en exprimant ses souvenirs à propos des cases de M. Schulz. Ca reste convivial et amusant… mais moins que ce qu’il s’ensuit…
L’univers de Snoopy est déjà bien développé en 1969, puisque l’aventure a commencé en 1950, et continuera d’ailleurs jusqu’en 2000. Pour l’ambiance, M. Schulz a dessiné, écrit et lettré pendant cinquante ans, sans assistant, ni interruption, jusqu’aux derniers instants de sa vie, pour nous donner un chef-d’œuvre très personnel. On compte 17 897 strips quotidiens et dominicaux, bref, si vous voulez commencer la collection, c’est maintenant.
Paru donc dans des journaux, le tout se trouve fidèlement dans ses couleurs d’origine, soit le noir et blanc. Adepte de la couleur, restez encore un peu, vous manqueriez quelque chose à mon sens.
Peanuts (cacahuètes en anglais) est le nom officiel des aventures de Snoopy, l’auteur préférait ce bon vieux Charlie Brown. Il n’en reste qu’au départ des strips du dimanche en une page, on y retrouvera les deux titres. Le reste de la semaine parus dans d’autres quotidiens, on lira dans quatre cases, toujours signé et daté dans un coin. On voyagera donc dans le temps, aux côtés de Charlie et ses amis.
Le dessin est simple, les têtes rondes, le décor jouant dans l’espace pour mettre en valeur la drôlerie, il peut être parfois vide, ou bien rempli. On y voit les petites planches formats journaux dans le sens noble du terme. La spécificité est de n’y voir toujours des groupes d’enfants sans jamais apercevoir d’adultes.
Adeptes du gag à répétions, ce livre est pour vous. Le nom d’ailleurs, qualifie mal les strips, car ça se répète en surprenant toujours dans la finalité, là est la signature de l’artiste (par exemple le désespoir comique de ne pouvoir par faiblesse abordé la petite fille rousse, ou le fameux bip sur le nez de Snoopy qui apparaît inopinément). Mais la poésie est présente aussi (Woodstock, l’oiseau au nom du concert de l’année 1969, migrera dans le sud… de 45 centimètres exactement… ou encore l’arbre mangeur de cerf-volant, Snoopy écrivain…), ainsi que des personnages tous aussi névrosées les uns que les autres, représentatifs toujours des sentiments de son créateur (Lucy Van Pelt donne des leçons psychologiques radicales à cinq centimes de Dollars, Charlie Brown n’en peut plus d’être nul au base-ball, Linus Van Pelt ne quitte pas son doudou et sa couverture et assume pour le meilleur et pour le rire, on verra aussi Schroeder qui adore Beethoven et son piano, avec son comique de situation qui lui est propre aux côtés de Lucy : elle en est amoureuse, mais le petit garçon n’a pourtant pas un regard).
Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un coup de cœur aussi énorme, j’ai adoré ce moment de lecture à travers deux années phares de ce bon vieux Charlie Brown. Amateurs, préférez les aventures à partir de 1959 à 1960, où Snoopy est déjà bien défini, collectionneur, faites un trait sur les coffrets cartonnés Dargaud entourant deux volumes à chaque fois que vous ne trouverez que d’occasion, autant dire qu’il s’agit là d’un parcours difficile et il serait dommage de passer à côté d’un des meilleurs comics du XXème siècle.
En bref
Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un coup de cœur aussi énorme, j’ai adoré ce moment de lecture à travers deux années phares de ce bon vieux Charlie Brown. Amateurs, préférez les aventures à partir de 1959 à 1960, où Snoopy est déjà bien défini, collectionneur, faites un trait sur les coffrets cartonnés Dargaud entourant deux volumes à chaque fois que vous ne trouverez que d’occasion, autant dire qu’il s’agit là d’un parcours difficile et il serait dommage de passer à côté d’un des meilleurs comics du XXème siècle.
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