Créé en 2010 avec «Danger Days», quatrième album de My Chemical Romance* (dirigé par Gerard Way), les Fabuleux Killjoys sont un groupe de quatre musiciens masqués - Party Poison, Jet Star, Fun Ghoul et Kobra Kid - guerroyant contre la corporation répressive BL/ind (c'est l'occasion pour le scénariste Grant Morrison de parader en vilain Korse dans les clips musicaux).
Paru cette année, ''La Vraie Vie des Fabuleux Killjoys'' se déroule quelques temps après la mort du célèbre groupe. BL/ind (Better Living Industries) dirige le monde tandis que les amis, émules et autres fans se sentent délaissés par leurs idoles. C'est alors que réapparait la jeune messie, ancienne protégée des Killjoys qui pourrait bien changer la face de cette révolution.
Rentrons directement dans le vif du sujet: pourquoi ''La Vraie Vie des Fabuleux Killjoys'' ne fonctionne pas complétement ? Parce que se plonger dans le bouquin en sachant qu'il est co-écrit par le père de l'excellent Umbrella Academy, c'est comme vouloir écouter la musique de My Chemical Romance en espérant retrouver la même particularité qui définit les aventures folles de SpaceBoy, Rumeur, Séance et toute leur clique. Ce n'est pas le cas.
Tout est là pourtant: univers frappé, personnages excentriques, la rage du Rock'N Roll et la révolution Peace & Love, le graphisme énergique de Becky Cloonan, Grant Morrison en vilain repenti et amoureux, on a même quelques clins d'œil bienvenus au classique de la science-fiction Blade Runner (notamment dans l'intrigue parallèle entre les deux porn-androïdes qui cherchent à fuir leur société totalitaire), mais la sauce ne prend pas. L'histoire peine à suivre, les évènements se succèdent sans jamais faire hausser un sourcil au lecteur et les personnages s'embourbent dans des poses lascives du plus mauvais effet sans jamais justifier leur nécessité dans le récit.
On aurait presque envie d'imputer la faute au co-scénariste Shaun Simon (anciennement claviériste), le véritable ''faiseur'' derrière cet album. Il rend une copie défectueuse, un peu trop sérieuse par rapport à ce que voudrait un tel projet**, un peu trop plan-plan par rapport à ce qu'attend le lecteur.
C'est dommage, La Vie des Fabuleux Killjoys n'est pas une mauvais lecture mais elle peine à trouver sa voix (un peu comme My Chemical Romance, en définitif) et elle souffre énormément de la comparaison avec les œuvres précédentes de sa tête d'affiche, Gerard Way.
Coté bouquin, on ne se lasse pas de le dire, Delcourt fait un travail impeccable. Édition solide et blindée de bonus à s'en émerveiller les mirettes. Je crois même n'avoir jamais vu une couverture détachable aussi confortable à garder en main en pleine lecture. Bref, du Delcourt au top, comme souvent. Malheureusement, ça ne rattrape pas cette histoire piégée dans une forme de platitude agaçante qui laisse espérer au lecteur une fin rapide.
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* et probablement le seul album potable du groupe dans la veine ''pop-bonbon''.
** Il suffit de regarder les clips pour se rendre compte du n'importe-quoi de l'affaire filmée comme un ''super sentaï'' sur une fausse pelloche des 70's.
En bref
5
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