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Critique de Le Jardin des souvenirs

par Le Doc le dim. 26 févr. 2017 Staff

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C'est l'histoire d'un lieu qui existe réellement. Sur l'Île de Hart, l'Etat de New-York enterre ses indigents, des sans domicile fixe, des bébés morts-nés, des cadavres non identifiés, des corps non réclamés. Un lieu chargé de tristesse où seules des plaques gravées d'un simple chiffre témoignent de nombreuses vies perdues.

C'est l'histoire d'un homme mystérieux qui, pour des raisons qui n'appartiennent qu'à lui, ne connaîtra pas le repos tant qu'il n'aura pas redonné leur nom à ces inconnus. Parce que pour lui, personne ne doit mourir oublié. Alors, il enquête, aidé dans sa tâche par un large réseau d'informateurs. Des informateurs pour qui ce "John Doe" demeure une énigme enrobée de mystère. Une ombre sans nom, sans passé, ni empreintes digitales...

C'est une histoire racontée par un scénariste de talent qui ne s'est pas souvent aventuré dans les voies du récit noir, lui que l'on connaît plus pour ses descriptions d'exploits super-héroïques. Mark Waid a construit son scénario de manière très précise, en donnant beaucoup d'informations dans les premières pages de manière fluide et concise, six pages qui permettent de savoir tout ce qu'il y a à savoir sur la quête inlassable de John Doe.
Avec "Le Jardin des Souvenirs" ("Potter's Field" en V.O.), Mark Waid plonge dans les recoins les plus sombres de l'âme humaine, et si le déroulement des rebondissements de cette mini-série devient ensuite un peu plus classique, la narration du scénariste n'en demeure pas moins très prenante.

C'est une histoire dessinée par un véritable créateur d'atmosphères qui était alors dans les premières années de sa carrière. Paul Azaceta est parfaitement à l'aise dans le rendu d'environnements urbains sordides, notamment grâce à sa gestion des espaces et son utilisation des ombres. Et lorsque la mission de John Doe l'oblige justement à sortir de l'ombre pour pénétrer en pleine lumière, le dessinateur en profite pour ciseler de solides scènes d'action (voir la poursuite dans le métro dans le one-shot "Froid comme la pierre" qui conclue cet album).

Lorsqu'il a imaginé ce concept, Mark Waid avait pour but de raconter toutes les histoires qu'il pouvait imaginer, des énigmes policières, des comédies noires, des histoires de perte et d'espoir, des histoires sur le réseau d'agents de John...et peut-être un jour révéler le passé de John Doe.
Mais "Potter's Field" n'a pas connu de suite au-delà de la mini-série en 3 épisodes et du numéro spécial que Delcourt nous propose dans cet album.

On n'en saura donc pas plus sur John Doe...et peut-être est-ce mieux ainsi. Il garde alors tout son mystère...

Peut-être que ceux qui passent près du cimetière de l'Île de Hart entendent toujours du bruit la nuit...
Peut-être que John Doe est toujours là, à graver des noms sur des plaques anonymes...

...à entretenir le jardin des souvenirs...

En bref

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