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Critique de Trilogie avec dames

par ginevra le lun. 31 août 2015 Staff

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Aire Libre nous présente une compilation de 3 albums réalisés par Will et Desberg. Ce fut une opportunité importante pour eux que la jeune collection Aire Libre permette aux auteurs de sortir de leurs séries habituelles pour se lancer dans d’autres expériences. C’est ainsi que ces 3 albums furent créés sans se retrouver dans une collection estampillée « érotique ». Dans le cas de Will, je parlerais plutôt de sensualité que d’érotisme, mais où s’arrête l’une et où commence l’autre ? C’est une question de filtre personnel… et d’époque de publication. Pour mieux approfondir, plongez-vous dans l’intéressante introduction de Patrick Pinchard. Quant à ceux qui seront étonné de trouver en Will un amoureux des formes féminines, qu’ils aillent réviser la série Isabelle où intervient la belle sorcière Calendula et quelques belles créatures féériques (sirènes,…) - http://www.bd-sanctuary.com/bdd/bd/28716-isabelle/ 1e partie = Le jardin des délices. Mickey Loverose est un jeune aristocrate anglais beau, drôle et riche (comme il le dit lui-même)… 3 qualités qui lui permirent beaucoup de conquêtes féminines en ce début de XXe siècle. Suite à une déception amoureuse, il part en Orient où il lui sera proposé un harem de femmes merveilleuses et expertes en caresses… Mais il fuit à nouveau ce danger jusqu’en Inde où il trouvera la femme légendaire pour un temps… Ne trouvant la femme de ses rêves nulle part, il décidera donc de la créer en choisissant 2 parents parfaits. Mais… 2e partie = La 27e lettre L’histoire raconte comment un jeune vagabond, Fred, fut adopté par toutes les filles d’un bordel à Berlin dans les années 1930. Puis c’est la montée du nazisme avec la croix gammée en 27e lettre de l’alphabet. Les prostituées vont lui apprendre à lire et lui va créer un spectacle pour ramener la clientèle au bordel. Puis il découvrira seul le grand pouvoir des femmes avec la jeune bohémienne Lizzy. Mais cette époque ne permettait pas aux marginaux de s’épanouir et, malgré l’espoir de retrouvailles de la seule survivante du bordel détruit par les bombardements, le miracle n’aura pas lieu… 3e partie = L’appel de l’Enfer 3 ombres demandent à rencontrer le Diable pour faire appel de leur damnation éternelle pour zoophilie, meurtre, adultère, luxure,… Chacun d’entre eux va expliquer les circonstances qui ont pu faire croire à ces fautes impardonnables pour le tribunal céleste : transformation en animal, voyage dans le temps, épouse les ayant trompé, magie qui s’est retourné contre eux… La conclusion est plutôt ironique puisque le Diable conclut : « ils ont été beaucoup trop heureux. C’est ça qui est impardonnable ! » Les scénarios sont intelligents et ironiques. Les dessins de Will sont superbes (en couleurs directes) avec des formes féminines parfaites, mais aussi des paysages, des animaux criants de vérité et de vie. Il y transparait un amour de l’humanité toute entière… et de la vie. Le plus gros reproche que je ferai à Will et Desberg concerne la 1e partie qui montre la femme plus comme un objet de consommation que comme un être humain indépendant… La vision est un tantinet machiste, mais l’histoire se déroule début XIXe siècle. Heureusement, la 2e partie montre des personnages féminins lumineux malgré leur métier de prostituée. La 3e partie oscille entre amour fou et tromperie totale sur un mode ironique. Cette intégrale mérite le détour… et pas seulement pour « se rincer l’œil ! »

En bref

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