Silence (Weyhe) simple
Les dictatures et les temps qui les suivent engendrent de profonds
silences, ceux des bourreaux et ceux des victimes. Birgit Weyhe se penche sur
les relations entre l’Argentine et l’Allemagne, deux pays marqués par l’autoritarisme, à travers les trajectoires de deux femmes : Ellen Marx et Elisabeth Käsemann. La première est juive et quitte à 16 ans l’Allemagne nazie pour l’Argentine. En 1976, sa fille Nora rejoint l’opposition à la dictature militaire du général Videla : elle fera partie des dizaines de milliers de
« desaparecidos », les disparus, enlevés et assassinés durant la « guerre sale ». Le destin de cette famille croise celui d’Elisabeth Käsemann, jeune sociologue allemande, arrivée en Argentine à la fin des années 1960 et devenue elle aussi militante. Emprisonnée, elle meurt dans les camps de torture du régime.
La mort d’Elisabeth a fait grand bruit à l’échelle internationale, mais la RFA, en partenariat économique avec la junte militaire, mettra du temps avant de demander des comptes aux coupables. Meurtres de masse, mensonges, diplomates allemands préférant jouer au tennis avec les dignitaires tortionnaires… autant de crimes et d’yeux fermés, tandis que les importations industrielles allemandes augmentaient significativement durant la dictature.
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