Chronique de membre : Le journal de mon père

Comme vous le savez, nous sélectionnons régulièrement une critique de membre et nous la mettons en avant comme dans le présent article. De plus, l'auteur de la critique sélectionnée gagne 2 mangas à choisir dans une liste (cf Chaque semaine, on vous donne la parole !).

Cette semaine c'est donc une critique de shirokaitos sur Le Journal de mon Père de Jiro TANIGUCHI.


Le journal de mon père est sans doute l’œuvre de Taniguchi qui m'a le plus touché. Une petite merveille capable d'atteindre le cœur du lecteur par son extrême simplicité.


"Je ne gardais d'elle que l'image d'une mère douce et gentille. Quand à mon père, aujourd'hui encore je revois sa silhouette de dos, toujours occupée à travailler en silence. "

C'est plein de ressentiment envers son père, coupable à ses yeux d'enfant d'être la cause du départ de sa mère de leur foyer, que Yoichi décida, il y a plus de 15 ans, d'abandonner sa ville natale pour refaire sa vie ailleurs.
Depuis son départ, l'homme n'est plus revenu à ses racines, prétextant un trop plein de travail à chaque fois que l'occasion se présentais d'aller voir ses parents.
C'est un évènement tragique, la mort de son père, Takeshi, qui changera ce statu quo mené jusqu'alors. Le retour dans sa ville natale, ses retrouvailles avec parents et amis, ainsi que leurs récits et anecdotes au sujet du vécu de Takeshi,sont tant chose qui transporteront Yoichi dans les méandres de sa mémoire. Et nous aussi, avec lui, voyageons dans ses souvenirs d'une époque passée, d'années difficile où l'on menait une vie plus simple et moins sophistiquée.

Le journal de mon père est une histoire délicate, mélancolique, émouvante, qui peut vous concerner de près. Dans laquelle Taniguchi vous pousse à la réflexion en vous invitant à affronter les incompréhensions avec vos proches, en mettant de côté l’orgueil au profit des liens que vous partagez, avant qu'il ne soit trop tard, que l'on ne puisse plus revenir en arrière et que vienne le temps des regrets et des larmes.

Le réalisme du trait de Taniguchi se marie bien avec ce genre d'histoire. ses planches sont tellement riches en détails qu'elles paraissent être des photos en noire et blanc, nous plongeant agréablement dans les immenses paysages de la campagne Japonaise. On pourrait juste lui reprocher des expressions et mouvements pas très naturels par moments, comme si l'auteur ne parvient pas totalement à retranscrire le dynamisme et la plasticité d'un corps humain.

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