TUMATXA : L'EMISSION ! - EPISODE 6 : Calamity Smashing City !!!

Cette semaine dans « Tumatxa! » : du free fight, du bouddhisme et du taoïsme à la sauce SF, du western déconstruit… mais point d’Alan Moore contrairement à ce que je racontais au micro la semaine prochaine !! Ce n’est que partie remise, en l’occurrence à la semaine prochaine, avec quelques invités spécialistes de la chose moorienne… Mais chut ! Nous verrons cela dans le détail la semaine prochaine donc. En attendant, formule classique aujourd’hui, avec de la musique qui dépote !
Cinéma, BD, littérature, musique, le tout très connecté à l’actualité : telle est la sauce à laquelle vous êtes mangés ce soir.
Pour le cinéma, on se fait un plaisir d’évoquer une sortie salles toute récente, en l’occurrence « The Smashing Machine » de l’excellent Benny Safdie. De manière un peu contre-intuitive, le cinéaste new-yorkais fait cause commune avec l’acteur Dwayne « The Rock » Johnson (absolument extraordinaire ici) pour cette fiction inspirée d’un documentaire de John Hyams (en 2002), portant sur la vie (enfin, 3 ans de la vie) de Mark Kerr, pionnier du free fight ou MMA, comme vous préférez. C’était les débuts, les combattants de l’époque étaient loin de jouir du statut de stars dont ils bénéficient aujourd’hui. D’où entre autres, peut-être, la méchante addiction de Kerr aux opiacés, en partie responsable de sa chute. Le film a divisé, et pas q’un peu : encensé à la Mostra de Venise par exemple, éviscéré par une partie de la critique (notamment française) par ailleurs, il nous semble quant à nous que « Smashing Machine », certes pas aussi puissant que certains des efforts de Safdie avec son frère Josh, est bien plus intéressant et subtil que certaines des caricatures qui ont pu en être faites.
Pour la BD, c’est une joie de revenir sur le corpus d’un mangaka qui nous a beaucoup occupés ces dernières saisons, à savoir l’inénarrable Shintaro Kago, chantre de l’horreur ultra-malsaine et rigolote à la japonaise. Avec le premier volume de « Cité Parasite » (éditions Huber), entame d’un cycle très ambitieux de quatre albums, le bougre se lâche et fait montre d’une ambition scénaristique que l’on ne lui connaissait pas jusqu’à lors. Dans ce récit de SF épique puissamment original, Kago s’inspire du mysticisme extrême-oriental pour imaginer un univers urbain fait de réincarnations multiples et de rétributions spirituelles… mais mâtiné quand même de méchantes excès « body-horror » parce que sinon ce ne serait plus du Kago. Pas le plus extrême de ses travaux, certes, mais largement le plus ambitieux. Très alléchant pour la suite !!
Pour la littérature, on revient avec « Calamity Jane, un homme comme les autres » (au Diable Vauvert) sur le travail d’une écrivaine finalement assez peu évoquée dans le cadre de cette émission (nous avions en son temps parlé de son excellent « Mordred »), j’ai nommé Justine Niogret, pourtant l’une des plumes les plus prometteuses de la littérature de genre francophone. Après la « fantasy médiévale » qui constituait la chair de ses premiers romans (notamment « Chien du Heaume » et « Mordre le bouclier ») et après quelques bifurcations vers le polar ou le survival, Justine Niogret s’attaque cette fois au western, en mode « déconstructiviste » : la figure qui l’intéresse est celle éminemment controversée de la fameuse Calamity Jane. Mais loin de la simple déconstruction « naturaliste » attendue de ce mythe de l’Ouest, Niogret nous mijote un twist étonnant qui emmène le livre ailleurs, vers des contrées plus fantastiques. Etonnant, puissamment mélancolique et remarquablement écrit…
Le tout est servi en musique bien entendu : la fantastique Anna Von Hausswolff est de retour avec le très attendu « Iconoclasts », qui est la bombe espérée, comme en atteste le puissant et solaire « The Iconoclast » ; l’automne est placé sous le signe du thrash de qualité, et c’est pas Testament qui va nous contredire avec « Para Bellum », excellent dernier album en date des californiens qui début par le puissant « For The Love Of Pain » ; aux origines du projet Squarepusher de Tom Jenkinson, il y avait l’EP « Stereotype », aujourd’hui réédité, et dont on écoute le déjà impressionnant « O’Brien » ; enfin on termine avec un monolithe sonore noir et beau à la fois, « Omenformation », qui conclue « Cut », 25ème et dernier album en date du duo berlinois Nadja…!!!
“I dream big for you
I’ll vanish when it’s due
What’s your story ? Where’s your end?
My sweet child
For you, I’ll die”


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