Tumatxa : l'Emission ! : EPISODE 29 : L’immonde arche de l’Absolu !!!

Avant-dernière émission de la saison pour la « Tumatxa! »…!! La ligne d’arrivée se rapproche. On finira la saison avec une émission spéciale, un peu plus copieuse qu’à l’accoutumée (4 heures au lieu de 3, quoi) mais pour cette semaine, restons sur la formule classique. Avec quand même un fort joli programme ma foi.
Cinéma, littérature, BD, le tout en musique (pas mal de têtes connues cette semaine à ce niveau) : tel est le robuste programme de la semaine.
Pour le cinéma : après avoir été fort alléché par le formidable livre de Stéphane du Mesnildot « Soleil Rouge - une histoire du cinéma rebelle japonais », évoquons donc le cas particulier de Shuji Terayama, artiste multi-facettes, peut-être plus connu en Occident pour son travail de cinéaste, mais aussi poète, romancier, homme de théâtre… et puissante figure de proue de l’avant-garde japonaise des années 60 et 70. Son film testament, « Adieu l’Arche » (« Farewell To The Ark » (1984) à l’international) est le dernier volet d’une trilogie pastorale informelle. Adaptant librement le « Cent ans de solitude » de Gabriel García Márquez, comme il l’avait fait auparavant au théâtre, Terayama adopte une forme insolemment libre pour un récit d’exode rural truffé de détraquement temporels en tous genres. C’est beau, d’une folle originalité et garni de séquences d’une beauté à couper le souffle (cet étrange rituel, vers la fin, waow). Un auteur à redécouvrir de toute urgence.
Pour la littérature : cela faisait longtemps que nous souhaitions aborder, au rayon de la littérature dite « subversive » ou « transgressive » le cas du très intéressant Dennis Cooper, auteur californien, français d’adoption (francophile depuis l’adolescence, il vit à Paris depuis 20 ans), et on le fait via l’excellent recueil de nouvelles « Un type immonde » (« Ugly Man » en VO), paru chez P.O.L. en 2010. Fasciné par l’untra-violence et la sexualité queer (un récit typique de Cooper met en scène deux amants gays qui en découpent un troisième à la tronçonneuse), Cooper est aussi un formidable formaliste, guère intéressé par les conventions narratives les plus éculées. On trouve de tout parmi ces 18 nouvelles (qui vont de 60 pages à… un paragraphe), mais les meilleures sont imbibées d’un humour noir absolument irrésistible, cette dimension rappelant les travaux d’une des figures tutélaires de Cooper : le génial William Burroughs. On reviendra explorer ce corpus à l’avenir, pas de doutes.
Pour la BD : après avoir évoqué il y a quelques semaines l’excellente relecture du Martian Manhunter dans la même collection, revenons sur la collection Absolute chez DC Comics, avec deux titres foutrement intéressants, « Absiolute Flash » et surtout « Absolute Batman ». Ce dernier titre signé Scott Snyder (assurément son meilleur titre à ce jour, pour ce que je connais de son travail) et Nick Dragotta (probablement aussi son meilleur taf) est une pure bombe, qui réinvente le concept qui sous-tend l’homme chauve-souris en renversant à peu près tout ce qui peut l’être (comme la condition sociale de son alter ego Bruce Wayne, entre autres)… et le titre est étonnamment hardcore, pour du mainstream. Excellente surprise qui donne envie de se jeter sur la suite, qui sort en septembre. Quant à « Absolute Flash », le titre est certes bien plus classique et moins « radical », mais il démontre tout le savoir-faire de ce désormais vieux routier de Jeff Lemire. Dommage que la partie graphique ne soit pas à la hauteur cependant…
Le tout est mis en musique par d’autres vieux routiers que l’on connaît bien par ici : Voivod nous fait le coup du live symphonique et on écoute ce que ça donne avec leur fameuse reprise de « Astronomy Domine », du Floyd ; les allemands de Tangerine Dream viennent de sortir un EP de relectures d’extraits de certaines de leurs BO, et on écoute du coup « Love On A Real Train », issu de la BO de « Risky Business » ; suprise ! Converge sort son deuxième album de l’année avec « Hum Of Hurt », dont est extrait le surpuissant « Dream Debris » ; enfin, on revient sur le cas de Ramleh, passionnante institution de l’undergound anglais, avec un extrait de leur album de 2015 « Circular Time », et ça s’appelle « Flamen Dialis »…!!!
« Around the icy waters underground
Jupiter and Saturn, Oberon, Miranda and Titania
Neptune, Titan, stars can frighten »


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