Retour vers le passé : Ju-On - The Grudge (2002)

 

Horreur
Long métrage japonais
Ecrit et réalisé par Takashi Shimizu
Avec Megumi Okina, Misa Uehara, Misaki Ito…
Titre original : Ju-On
Année de production : 2002

Créée par Takashi Shimizu, Ju-On : The Grudge est une franchise horrifique développée sur de nombreux supports. Il y a eu à ce jour 13 longs métrages (japonais et américains) en 20 ans, des courts-métrages, une série télévisée, des romans, des bandes dessinées, un jeu vidéo et une pièce de théâtre. Si le film de 2002 est le premier à avoir eu droit à une exploitation dans les salles obscures, tout avait commencé en 2000 avec le diptyque Ju-On : The Curse, deux métrages à tout petit budget destinés au marché de la vidéo.

 

 

Ju-On a été inspiré à Shimizu par ses peurs d’enfants, notamment la découverte d’une compagnie de théâtre dont certains membres se peignaient entièrement le corps en blanc pour leurs performances. On retrouve aussi des références aux croyances traditionnelles japonaises telles que le Onryo, un fantôme capable de causer des dommages dans le monde réel, esprit en colère motivé par la vengeance qui peut ensuite s’emparer des esprits des corps morts de ceux qui ont causé sa perte. Le Ju-on…le « Grudge », la rancune…est une malédiction, qui s’étend donc pour toucher tout ceux qui ont été en contact avec les spectres…

Si Takashi Shimizu a pu bénéficier d’un peu plus de moyens que pour ses deux premiers essais, le budget de Ju-On : The Grudge n’était pas encore énorme et cela se vérifie dans certains aspects de la production, comme des décors limités et quelques trucages datés. Mais le réalisateur a su en tirer parti, notamment par sa manière de filmer les apparitions fantomatiques dans de mornes lieux de la vie de tous les jours, principalement des appartements de gens aux revenus modestes, dont l’un fut le théâtre de meurtres horribles, déclencheurs de la malédiction.

 

 

Takeshi Shimizu raconte son histoire sous la forme de chapitres centrés sur différents protagonistes, de manière non linéaire et trouble même en mélangeant les temporalités. Ce type de ghost story n’échappe pas à certaines lenteurs mais Shimizu se montre un efficace créateur d’ambiances et je dois avouer que certains plans ont su me filer une petite chair de poule plus de vingt ans après mon premier visionnage, entre autres par cette manière dont les fantômes semblent multiplier les regards face caméra pour « happer » les spectateurs.

Le succès de Ju-On : The Grudge a fait que Takeshi Shimizu a enchaîné directement avec la suite avant de réaliser les deux premiers volets des remakes américains. Après six films (ce qui faisait déjà beaucoup), il a laissé la place à d’autres réalisateurs pour le reste des entrées de la franchise…

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