Tumatxa : L'Emission ! : EPISODE 2 : Le second dimanche des singes morts

 

Deuxième édition de « Tumatxa ! » pour cette toute nouvelle saison, après un faux bond la semaine dernière pour cause d’activités musicales intenses par ici… ce n’était que partie remise, la preuve avec le programme de la semaine, bon comme du bon pain.

Cinéma (du patrimonial un peu obscur), BD (avec une sortie monumentale dans tous les sens du terme), littérature (double rasade ce soir), le tout en musique (un mix de sorties fraîches et de vieilleries) : tel est le fabuleux sommaire de la semaine, auquel vous êtes tous conviés comme à une fête dont vous ne saviez rien.

Pour le cinéma, plongeons tête la première telle une voiture en pleine sortie de route dans l’une des dernières sorties de la collection Make My Day, chapeautée par Jean-Baptiste Thoret (pour Studio Canal), avec le rare mais fascinant « La Seconde Mort d’Harold Pelham » (1970) de Basil Dearden. Dans le film-testament de Dearden (étrangement lui-même décédé dans un accident de la route l’année suivante, faisant écho aux événements du film), adapté d’un écrit du canadien Anthony Armstrong, le très british Roger Moore (pré-James Bond) incarne un industriel bon teint et franchement conservateur, accidenté de la route qui se retrouve affligé d’un doppelgänger encombrant, et bien plus « libéré » que lui, le coquinou. Intéressante, pour dire le moins, cette variation sur le « William Wilson » de Poe, et certainement un des meilleurs rôles de Moore (c’était d’ailleurs son préféré).

Pour la BD, on se penche pour la première fois sur le travail d’Olivier Schrauwen, et pas pour un petit boulot négligemment bricolé dans son coin. Jugez plutôt : 7 années de travail pour 472 pages sidérantes d’inventivité… C’est sous cette forme que l’Association nous donne en VF « Sunday », pour lequel Chris Ware en personne parle d’équivalent en BD du « Ulysse » de James Joyce. La vache, n’en jetez plus !! C’est vrai que Schrauwen se montre brillant dans cette exploration de l’univers mental d’un personnage très proche de lui de son propre aveu, et pris en flagrant délit de glande totale, un dimanche (comme le titre l’indique). C’est profondément original et brillamment conçu, et en plus, par moments, c’est très très drôle.

Pour la littérature, double dose de chroniques, un brin ludique ce soir : on va s’amuser à comparer des romans célèbres à leur adaptation filmique encore plus célèbre (oui, on s’amuse comme on peut). A ma droite, le duo Boileau-Narcejac signe en 1954 « D’entre les morts », vite rebaptisé « Sueurs Froides » pour des raisons évidentes, quand Hitchcock l’adapte pour son chef-d’œuvre terminal « Vertigo » en 1958. A ma gauche, Pierre Boulle signe en1963 un classique de la science-fiction bien vite mis en image par Franklin J. Schaffner en 1967, sous le même titre, « La Planète des Singes ». Le matériau d’origine littéraire vaut-il ses prodigieuses adaptations filmiques ? Vous le saurez en écoutant cette chronique orphique et anti-spéciste !!

Le tout est évidemment balancé en musique comme il se doit : Godflesh revient pour un avant-dernier album extraordinaire, « Decay », dont est issu l’incroyable « Consume Me », qui conclut l’album ; le duo Boy Harsher revient avec « Get Mean », dont est issu le très rock goth « Ice Pick (Walk Away) » ; on fête les 35 ans de « Like An Ever Flowing Stream » de Dismember, et pour la peine on écoute le fantastique morceau introductif « Override Of The Overture » ; enfin, on retoruve Rainbow pour un live mythique à Cologne, l’occasion de réécouter le magique « Stargazer »… !!

« Hot wind, moving fast across the desert
We feel that our time has arrived
The world spins, while we put his dream together
A tower of stone to take him straight to the sky »

EPISODE 2 !!

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