8

Critique de Kaijumax #1

par Auray le dim. 30 juin 2019 Staff

Rédiger une critique
Un monde différent et similaire à la fois

Lors du Free Comic Book Day distribué par Bliss, il y avait un extrait de Kaijumax. Après l'avoir lu, je me suis surpris à penser que cela devait être un peu court pour laisser exprimer le vrai potentiel du contenu, et que si j'en avais la possibilité, d'en prévenir le public, car il serait dommage de passer devant une œuvre qui change complètement de ce que l'on peut lire sur le marché, mais avec quelques similitudes malgré tout pour les plus timorés.

Comme nous le confirment les sept pages sur les critiques cinématographiques contenant des Kaijus, et les six pages de conception de personnages, ainsi que la lettre de l'auteur, beaucoup de créatures sont issues des films de Godzilla des années soixante ou soixante-dix. Mais on y verra tout de même quelques monstres typiquement japonais, comme Gamera. Tous ces êtres aux designs travaillés, et assez différents dans l'ensemble, s'inspirent beaucoup d'Ultraman, ou encore de Kamen Rider. Vous l'aurez deviné, le tout se passe dans un japon fantasmé.

Mais si Kaijumax ne se résumerait qu'à ça, il n'y aurait rien à en dire. Sa spécificité, c'est que les Kaijus sont enfermés sur une île, et ils ont comme gardiens justement ses héros expérimentés ou débutants. Du coup, on joue de l'anthropomorphisme, pour que ces Godzilla nous fassent passer un moment à la Prison Break. Et comme cette série, la qualité des dialogues où les situations diverses et variées sont réfléchies, et ceux, longtemps à l'avance. Chaque chapitre a son lot de surprises, et on appréhende les différents intervenants avec douceur.

La première partie se résume pas à ça bien sûr, les six autres chapitres correspondant à une saison deux où l'action se passe en dehors de l'île. Mais, on suit toujours des personnages attachants, que l'on a su aimer ou détester auparavant comme Electrogor ou Jeong. En gros, le lecteur doit passer au moins les deux premiers chapitres pour s'adapter à l'écriture, comme au dessin faussement enfantin. Cela peut en surprendre plus d 'un, mais cette technique est toujours aussi efficace pour mieux nous surprendre par la suite à l'aide de la violence des mots, ou des scènes. De plus, on reviendra souvent à la carte du monde de la prison pour les plus minutieux, qui est la bienvenue pour mieux aborder le tout. Enfin, une magnifique galerie de couvertures, avec parfois des invités de marque comme Bryan Lee O'Malley (Snotgirl, Scott Pilgrim) est compris.

J'étais dubitatif lors de ma lecture du free Comic Book day, ou en lisant le mot d'Alan Moore spécifiant « absolument fantastique » sur le sticker de la couverture. Puis, on ouvre la première page, et on découvre qu'il n'est pas le seul. Après, on prend le livre dans les mains, et on se dit que c'est un très beau livre, bien conceptionné dans son ensemble, avec une tranche qui casse la baraque avec ce KAIJUMAX en surbrillance. Enfin, on lit, et on comprend pourquoi l'équipe de Bliss a voulu laisser une chance à ce titre exigeant, mais très frappant. Une expérience que je vous souhaite de partager.

En bref

Un dessin enfantin pour une satire sociale de haute volée que l'on n'oubliera pas, tant elle nous ressemble avec autant de sujets abordés, comme la famille, les responsabilités, notre place dans le monde, ou le danger qui nous guette à chaque instant. « L'enfer, c'est les autres », disait Sartre.

8
Positif

Un O.V.N.I. dans le monde des comics

Un dessin simplifié et coloré pour mieux nous trahir par de la brutalité

Des thèmes divers et variés

Une ambiance à la Prison Break

Un beau livre de l'extérieur

De nombreux bonus à l'intérieur

Negatif

Une œuvre exigeante, mais une fois les deux premiers chapitres lus, vous ne le lâcherez plus

Je veux la suite et savoir qui sera le nouveau roi des monstres moi !

Auray Suivre Auray Toutes ses critiques (263)
Qu'avez-vous pensé de cette critique ? 0 0 Commenter !
Boutique en ligne
35,00€
Boutique en ligne
35,00€
Boutique en ligne
35,00€
Laissez un commentaire