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Critique de The Swordsman

par Pois0n le sam. 11 juil. 2020 Staff

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Le début d'un voyage

Connaissez-vous le manwha ? Il s'agit tout simplement du nom donné aux bandes dessinées en Corée. En France, celles-ci ont un certain mal à se faire connaître : en dehors de la série-fleuve Witch Hunter publiée par Ki-oon, la plupart se trouvent chez de petits éditeurs spécialisés ayant une fâcheuse tendance à mettre la clé sous la porte à moyen voire court terme. Ç’a été le cas de Booken, ayant précédemment édité The Swordsman avant que le flambeau ne soit repris par Meïan. une branche d'IDP.

C'est grâce à eux que la série a pu nous revenir, sous la forme d'un joli coffret contenant non seulement les 9 tomes de la série, mais aussi un poster et quelques ex-libris au format A4. Le tout étant proposé au prix tout doux de 50€, ce qui fait à peine 5€50 le volume, et ce, sans compter les bonus. Ça pique un peu à sortir d'un coup, mais au final c'est très en dessous du tarif d'un manga standard. Et la qualité d'édition est loin d'être cheap, avec une impression irréprochable et très peu de coquilles (j'en ai recensé 4 sur l'ensemble des neuf livres, peut-être certaines m'ont-elles échappé, mais la chose est clairement rare).

Et la série mérite clairement d'être (re)découverte, même si, mieux vaut prévenir, à l'instar d'Albator, elle ne possède pas de fin. Même pas une fausse fin bricolée à l'arrache ; l'histoire s'arrête alors que rien n'est encore résolu. J'étais au courant, je m'attendais à une fin ouverte, mais quand même pas à ça. Au final, on ne nous montre pas « comment Dongsu est devenu le héros folklorique que l'on connaît », mais plutôt « comment il en a pris la voie ». C'est tout ce que les deux auteurs auront eu le temps de faire, ce dont ils s'excusent d'ailleurs platement au début du dernier volume... tout en avouant l'espoir de pouvoir dessiner la suite un jour. Mais huit ans après que ces mots aient été écrits, mieux vaut ne pas trop compter dessus...

Ceci dit, on considère souvent que le cheminement importe plus que la destination, et, lorsque l'on lit The Swordsman, on le ressent clairement.

Ici, il est donc question de la jeunesse de Baek Dongsu, même si le réalisme historique n'est franchement pas l'objectif premier des deux auteurs. The Swordsman, c'est avant tout du grand spectacle saupoudré d'un peu de politique, avec des complots, des personnages poursuivant chacun leur propre but (même si l'on ne devine pas toujours quel est celui-ci), un sacré paquet de morts et surtout, une bonne dose d'action. A tel point que l'on a parfois une méchante impression de « tu as l'air fort, battons nous ». Scénaristiquement, le fond est tout de même plutôt développé, mais le titre s'articule essentiellement autour des combats, que ce soient ceux de Dongsu ou d'autres.

Et ça tombe bien, car les combats, ce sont indéniablement le point fort de la série.

D'abord, il y a le fait que visuellement, le trait de Hong Ki-Woo est absolument SPLENDIDE. Vraiment, quand on ouvre le truc, l'on ne peut s'empêcher de se dire « wow, c'est beau ! ». Plongés d'emblée en pleine action, l'on ne peut que constater la lisibilité de celle-ci, mais aussi le degré de détail incroyable apporté aussi bien aux décors qu'aux personnages. D'ailleurs, une grande majorité du casting, aussi bien masculin que féminin, est sacrément agréable à regarder...

Mais là où le titre titre son épingle du jeu, c'est dans son aspect très didactique. S'inspirant probablement du Muyedobotongji, le traité d'arts martiaux rédigé à six mains dont celles de Baek Dongsu, les deux auteurs évitent toute redondance dans les affrontements en passant en revue toute une palette d'armes et d'arts martiaux. Chaque combat est l'occasion d'en découvrir de nouveaux et surtout, d'en apprendre les ficelles de base. Et c'est ça qui rend le titre véritablement passionnant. Ce ne sont pas seulement de belles planches bien foutues, c'est aussi une déclaration d'amour aux techniques de combat dans toute leur diversité. Un peu d'histoire, un peu de technique, comment contrer quoi... On nous explique les choses de façon totalement transparente à travers le récit.

Côté personnages, il faut avouer que leur développement n'est pas forcément le point fort du manwha. On a certes beau échapper aux clichés et aux caricatures, on ne sait trop peu sur le passé ou le parcours de la majorité des personnages secondaires pour pouvoir vraiment s'y attacher. Seuls Dongsu et son camarade Hong Kukyoung ont droit à un semblant de développement et surtout, d'évolution. Les autres semblent se greffer au périple de Dongsu au petit bonheur la chance et sans vraie raison. Mais, en fin de compte, vu l'enchaînement des évènements, c'est à peine si on le remarque sur le moment, tant la narration s'avère fluide.

Reste cette fin. Ou plutôt cette non-fin. Alors que pour Dongsu le voyage ne fait que commencer, pour nous, il se termine déjà et sur un goût d'inachevé. A un moment charnière certes, mais ça ne change pas grand-chose. Il aurait suffi d'une page de texte résumant brièvement la suite du parcours de Baek Dongsu pour pardonner cette coupure abrupte et que l'on devine involontaire...

Cependant, en l'état, la série demeure malgré tout un bon divertissement, avec bien peu de défauts. De quoi la recommander chaudement, en dépit de sa conclusion béante.

En bref

Quel dommage que la série ait été stoppée prématurément, tant elle était de bonne qualité! Un déluge d'action porté par un graphisme sublime.

7
Positif

C'est vraiment beau

Le côté didactique

La variété des affrontements

Negatif

Personnages peu développés pour la plupart

PAS DE FIN

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