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Critique de The isolated zone

par Kamiville le jeu. 31 déc. 2020

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The Isolated Zone, un Eden-like ?

L’intrigue de base de The Isolated Zone partage de nombreuses similitudes avec Eden ~ It’s an Endless World, ou plutôt l’inverse, puisque celui-ci est sorti bien après que l’auteure débute ce doujinshi qui lui aura demandé 25 ans de travail pour arriver à son terme. Quoiqu’il en soit, nous avons affaire à un manga d’anticipation qui plonge le lecteur dans un futur (proche, dans notre cas) où le Kanto a été l’épicentre d’une pandémie causée par un virus, le virus Z. En conséquence, la région est totalement confinée, les habitants de l’”intérieur” ne peuvent sortir de la zone confinée et ceux de l’”extérieur” ne peuvent y pénétrer, livrant les habitants de l’intérieur à leur propre sort, ou pas... Car un gouvernement formé dans la zone confinée, nommé l’Empire, se charge de faire le lien entre l’intérieur et l’extérieur, comme réceptionner les vivres de l’extérieur pour les distribuer à l’intérieur. Le récit se place un an après la catastrophe, on suit Tetsu, un enfant de 11 ans, dirigeant un groupe d’enfants plus jeunes que lui pour survivre, le début s’inscrit clairement dans une optique survival : le groupe cherche par tous les moyens à se nourrir (chasse, pêche, pillage de magasins abandonnés), à se protéger d’autres groupes de survivants, à se trouver des abris sûr et l’auteure a recours à de très nombreuses scènes violentes et sanglantes, c’est vraiment une boucherie niveau bilan humain, ce qui est d’autant plus choquant car on suit un groupe d’enfants.

L’histoire s’étale sur plusieurs années. A la fin, le héros, Tetsu a 17 ans, l’histoire retrace donc 6 ans de sa vie, où le récit passe du survival violent à la politique, dont je ne pourrais pas m’attarder sans risquer de spoiler mais avec du recul, on suit la vie d’un gamin puis d’un adolescent qui a accompli des miracles et gagné la confiance de tellement de monde, enfants comme adultes, que cela pose un problème de crédibilité vis-à-vis de la réalité. Si les grandes questions (comme l’origine du virus) trouvent réponses avant la fin, celle-ci m’a tout de même laissé sur ma faim.

Côté personnages, il y en a beaucoup, mais il y a deux problèmes : d’une part, nombre d’entre eux sont récurrents mais n’apparaissent que ponctuellement (notamment dans la partie post-survival), ce qui fait qu’il est assez difficile de retenir leur nom et d’autre part, le character design n’est pas toujours très inspiré dans le sens où plusieurs personnages se ressemblent, notamment Tetsu et Tadashi mais l’auteure s’est très rapidement rendu compte, et y a remédié en habillant ses personnages de manière bien distincte. Par la suite, ce problème concerne de nombreux personnages secondaires masculins comme féminins. Mais de manière générale, l’auteure a progressé au fil des tomes, son trait est plus affirmé, moins fin, notamment sur le character design de Kaoru. Niveau décor, les arrières-plans sont souvent bien garnis et assez soignés.

Pour en revenir au personnages, sur le plan du caractère, Tetsu, Kaoru, Saotome et Hotarubi sont des personnages complexes, à leur manière, chacun a des intentions cachées aux autres. Tetsu est un héros singulier de par son cynisme, son pessimisme et son manque d’empathie, certainement dû au fait qu’il a mené une vie qui sortait de l’ordinaire. Sa dualité avec Kaoru prend sens puisque celle-ci a gardé des attaches avec le monde extérieur et a des objectifs différents.

Pour ce qui est de la narration, l’auteure intervient peu, et de façon indirecte, si ce n’est pour donner des indications temporelles, notamment après les ellipses de plusieurs années. Au début, la narration est très brouillon : l’enchaînement des scènes qui se passent à différents moments et lieux (y compris les flashbacks) ne sont pas fluides parce que le découpage est mal pensé telles que certaines scènes qui ne sont pas continues peuvent être perçues comme des prolongements naturels aux scènes précédentes à la première lecture mais bien sûr, on se rend compte qu’il y a une incohérence au niveau des dialogues, et on reprend la lecture pour faire le découpage soi-même. Ce problème est surtout présent dans les premiers tomes, il trahit le manque d’expérience de l’auteure à ce moment-là et montre qu’elle n’est encadrée par aucun éditeur, puisqu’il s’agit d’un doujinshi.

Enfin, on peut saluer le choix de la toute jeune maison d’édition H2T d’avoir laissé sa chance à The Isolated Zone sur le marché français, sans quoi, je n’aurais jamais pensé à lire un doujinshi et de toute manière, je ne l’aurais jamais découvert, puisque l’auteure n’est que “connue” en France pour cette oeuvre et il ne me serait jamais venu à l’idée de lire ce titre qui n’était disponible nulle part sur internet (comprendra qui pourra). Cependant, j’ai tout de même relevé des coquilles portant sur des fautes de grammaire/d’orthographe sur plusieurs tomes, des mots qui manquent et même une case où les bulles sont totalement vides (avant-dernière page du tome 7 sans compter les pages de “pubs”).

Pour finir, The Isolated Zone n'est pas un Eden-like, il ne se place pas dans un monde où cohabitent les hommes et les robots mais c'est une bonne surprise dans son ensemble. Il souffre de défauts non-négligeables sur le plan technique dus au manque d'expérience de l’auteure à ses débuts (découpage mal pensé, personnages pas toujours faciles à distinguer à cause d'un character design similaire) mais l’histoire est prenante et la subtilité des personnages principaux en étonnera plus d’un.

En bref

7
Positif

Histoire prenante dont une intrigue prometteuse

Personnages principaux subtils et surprenants

Décors soignés

Negatif

Découpage mal pensé au début

Character design pas toujours inspiré

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