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Critique de Le tueur - Affaire d'état #3

par vedge le lun. 28 mars 2022 Staff

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Philosophie d’un tueur

Un visage improbable, presqu’ovale avec un menton un peu pointu. Rien ne dépasse. Cheveux rasés, et non tondus. Une tête d’œuf. Dur à cuire. Qui en a vu d’autres et qui cache ses pensées derrière des lunettes miroir, pour que personne ne pénètre à l’intérieur d’un cerveau aux multiples questionnements ; Un cerveau aux multiples questionnements. Un cerveau dissocié des membres qui ont une vie propre, le doigt sur la gâchette.

Sur les cent milliards d’êtres humains nés et morts depuis la nuit des temps, qu’est-ce qu’une vie ? Même pas un trait, à peine un point, aucune trace aujourd’hui. Alors un point final sur un petit point d’une voie lactée de point à l’infini, est-ce un meurtre ?

« Le tueur » compare nos vies rangées de servitude, enchainés aux réseaux sociaux, aux collègues, aux faux amis et à la pesante famille à sa solitude, sa marginalité, qu’il nomme liberté.

Cela interroge, forcément, sur nos choix de vie et leur sens.

Mais au final, le tueur le dit lui-même, il ne pose pas de questions, même s’il s’en pose, il ne fait pas de stratégie, il exécute. Exécuter sans chercher de sens, est-ce la meilleure façon d’atteindre le repos de l’esprit ? Pas de mon point de vue.

Avec cette nouvelle série, le tueur passe de l’autoentrepreneur aux pompes funèbres d’état. Il constate, et nous avec, que la politique est une mafia comme les autres, avec des parrains prêts à tout pour accroitre leur pouvoir, donc leur business, sans s’encombrer de légalité.

Le dessin est précis, incisif, presque froid, comme le héros. Les couleurs sont franches, sans retenue. Les auteurs décrivent le monde tel qu’il est, tant au scénario qu’au dessin. Et pourtant, si on oublie l’histoire et les dialogues, beaucoup de planches semblent paisibles ; paysages de bord de mer où marchent trois amis se baladant et discourant de tout et de rien.

Les affaires d’état dont s’occupe le tueur, se sont les faits divers qui émaillent les journaux, papiers ou numériques. Les moyens utilisés pour que s’effacent les désagréments possibles, pouvant faire vaciller a stabilité d’un gouvernement semblent terriblement réalistes ; Théorie du complot mise à part, les auteurs plongent à leur façon dan la politique qui ne semble pas de pure fiction.

Entre guerre en Ukraine et élections, présidentielles, la lecture de cette série arrive à point nommé.

En bref

Le tueur est passé de sa petite entreprise à un quasi-fonctionnariat, et ne connais pas la crise. La politique est une mafia comme une autre où les enjeux de pouvoir désignent des cibles dans le viseur du tueur, entre deux réflexions philosophiques concernant l’histoire guerrière à jamais recommencée par une humanité atteinte d’Alzheimer

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