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Critique de Le Renard et le Petit Tanuki #5

par Tampopo24 le dim. 22 mai 2022 Staff

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Plongée dans les ténèbres en famille

Là où Lonely World du même éditeur, lu juste avant, m'avait laissée sur ma faim niveau émotion, ce fut à l'inverse un véritable tourbillon ici avec cette histoire d'amour et d'amitié animalière sur fond de famille et de folklore japonais. J'adore Mi Tagawa !

Dans sa précédente série, Père et Fils, elle m'avait déjà serré le coeur à chaque tome. C'est reparti pour faire pareil ici avec les aventures de Manpachi et Senzo qui me bouleversent à chaque fois. Les premiers tomes avaient un petit quelque chose d'anecdotique avec ces historiettes qui se suivaient de manière un peu légère. Mais depuis quelque temps, on est entré dans le vif du sujet en évoquant le passé des deux héros et cette pénétration en profondeur dans la mythologie de la série me ravie !

Plonger dans le passé de Senzo est saisissant et rude. L'autrice nous offre dans un premier temps des pages d'affrontement de haut vol entre créatures divines et autres bêtes du folklore japonais. Ça rappelle les grandes heures d'autres séries fantastiques. Cependant, ce sont les émotions qui sont le moteur ici et non la baston, ce qui change tout dans la dynamique d'écriture. Il se dégage une profondeur bien plus importante de ce qui se joue car l'autrice se focalise sur ce que ressentent ses héros dans ce maelstrom de pouvoirs déployés parfois sans le vouloir. Cela amène une toute autre dimension à ce qui se joue et le lecteur s'en émeut d'autant plus.

Depuis le début, on nous présent Senzo comme quelqu'un de mauvais, du moins voici comment certains veulent le voir défini. Mais nous, dans ses actions, ce n'était pas ainsi qu'on le voyait. L'autrice revient au coeur de cette dichotomie dans ce tome en plongeant dans la psyché de celui-ci et en nous révélant son passé. C'est excellent. J'ai adoré remonter le fil de son âme torturée aux côtés de Manpachi. C'était plein d'émotions à fleur de peau, les émotions d'un enfant abandonné qui ne s'est toujours pris que des coups et a toujours vu le verre à moitié plein sans remarquer la gentillesse qu'il y avait parfois aussi à ses côtés. C'est donc un récit très âpre qui nous est ici conté.

Couplé à cette réécriture du passé de Senzo, j'ai beaucoup aimé l'ambiance fantastique de l'ensemble. J'ai aimé la façon dont Mi Tagawa liait folklore japonais avec toutes ces créatures protectrices et esprits vengeurs, mondes entre les vivants et les morts, exorcismes et autres cérémonies, avec une réflexion puissante sur la famille, l'amour et l'amitié. Elle marie très bien tout cela. C'est graphiquement hyper immersif, avec un mélange de noirceur et de douceur surprenant, qui vient nous toucher en plein coeur quand on comprend que c'est exactement ce qui agite ce pauvre Senzo.

En bref

On apprend donc énormément de choses dans ce tome qui semble charnière pour la série. Enfin, nous comprenons un peu mieux Senzo, cette créature tellement décriée sans qu'on bien pourquoi avant. Maintenant, on saisit tout ce qu'il a pu vivre et on l'apprécie d'autant plus. Cette célébration de l'amour qu'ils se portent avec Manpachi mais aussi de tout ce que sa famille et ses amis ont fait pour lui dans l'ombre, nous prend à la gorge et nous serre le coeur, dans ce tome consacré certes à l'action mais aussi, et surtout, à l’introspection. Mi Tagawa est vraiment forte pour allier folklore fantastique, combat, émotion et drame. C'est du grand art !

8
Positif

Une grosse bouffée d'émotion

Un superbe emploi du folklore japonais

Une histoire d'enfant abandonné poignante

Une très belle réécriture de Senzo

La beauté de l'amitié et l'amour de son entourage

De l'action, de l'émotion, du folklore

Des dessins forts, doux et poétiques

Negatif

On en veut plus !

On veut que la suite arrive plus vite !

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