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Critique de Solitude d'un autre genre

par Auray le lun. 15 août 2022 Staff

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Réédition d'une biographie culte

La collection Pika Graphic s'étoffe petit à petit. Dernièrement, on a vu le cultissime Dragon Head dans une couverture plus sobre, tout de noir vêtu. Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais, nous avions parlé du troisième titre de Kabi Nagata, boire pour tromper ma solitude. Si on parlait des conséquences de l'alcoolisme, ici, ce serait sur la sexualité et, une autre pathologie méconnue du grand public.

Effectivement, la première partie traite de la boulimie. Et, ce premier titre de la jeune artiste sorti en 2016 au Japon a déjà les qualités de ses autres œuvres. Il n'y a pas de filtre. Encore une fois, il est vrai que c'est intrusif, pour autant, cela permet aussi de réellement toucher à l'intime. Ça le tout plus humain. On se met vraiment à la place de celle-ci, et, on souffre à ses côtés. Car, elle se rend compte de creuser toujours un peu plus dans des situations complètement inadéquates, ce qui rend difficile indirectement ou directement sa vie en société, professionnelle, et même familiale.

Pas toujours sympathique avec ses parents, celle-ci souffre du manque de considération. Il en va de même par ses pairs. D'ailleurs, le mot de la fin par Karyn Nishimura-Poupée, journaliste et essayiste, éclaire cette délicate situation. Effectivement, on lui doit quelques livres spécialisés sur le Japon, comme les Japonais, ou, histoire du manga, les deux sont disponibles aux Éditions Tallandier.

Car, il faut le préciser, celle-ci se découvre aimant les femmes, voire mêmes, les plus matures d'entre elles. L'homosexualité, même si des artistes à l'heure actuelle œuvrent à ce niveau, est un sujet encore tabou au Japon. D'ailleurs, n'en doutons pas, Kabi Nagata aide à son niveau avec ce manga, en expliquant si bien son parcours atypique. Sa situation devient si extrême qu'elle fera sa première expérience dans un Love Hôtel avec une jeune prostitué.

Enfin, on peut rajouter à ses différentes expériences la mise en images de la création d'une mangaka à part entière. Le parcours fut long, mais, ô combien récompensé. Déjà sur internet, vu qu'il a été publié sur ce support la première fois. La réaction des internautes a vraiment réchauffé à l'époque le cœur solitaire de la jeune fille. Et puis, vient la consécration avec plusieurs prix, que ce soit au Japon ou à l'international. D'ailleurs, vous pourrez (re)lire dans la nouvelle charte graphique de Pika, le second tome de son autobiographie, qui est vraiment dans la continuité de celui-ci, c'est son fameux « Journal de la solitude ». Nous en avions parlé lors de sa première édition ici, sur Sanctuary. Je vous souhaite par avance une bonne lecture, que ce soit de ces critiques, ou, des œuvres si personnelles de Kabi Nagata.

En bref

« Je voulais connaître mes vraies envies... Je devais les découvrir. »

8
Positif

Une histoire vraie par Kabi Nagata elle-même

Les sujets abordés sont assez rares en manga

Karyn Nishimura-Poupée replace le récit dans son contexte

Un dessin tout à fait charmant

Un beau livre de 153 pages pour 16 euros

Negatif

La difficulté de s'aimer de Kabi Nagata est difficile à lire parfois

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