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Critique de BRZRKR #1

par Le Doc le sam. 21 janv. 2023 Staff

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Je me souviens du bruit des épées perçant la chair et les os...

Le Berserker. Le "Guerrier-Fauve" des mythes scandinaves capable d'incroyables exploits après être entré dans une "fureur sacrée". En anglais, le terme est devenu un adjectif, l'équivalent de "devenir fou furieux". Le premier épisode de la maxi-série de Keanu Reeves, Matt Kindt, Ron Garney et Bill Crabtree est principalement là pour en faire la démonstration. B est un homme seul, qui n'attend que le moment où il sera projeté en plein combat...situation exprimée par les deux premières pages et accentuée par la colorisation. Entre la dernière case de la page 2 et la première de la page 3, B a changé d'endroit mais son langage corporel est le même. Et s'il est cette fois-ci entouré par des soldats, il reste symboliquement seul car les hommes qui l'accompagnent, aussi durs soient-ils, préféreraient être loin de lui. 

Le premier chapitre de BRZRKR est essentiellement une grosse séquence d'action, facilement déclinable sur grand écran (ce qui est de toute façon le but), de façon édulcorée ou pas. Car le résultat est gore, très gore. Quand B balance un coup de poing, le crâne est réduit en bouillie et des bouts de cervelle lui collent aux phalanges. Les corps sont réduits en morceaux et les os et les membres arrachés sont utilisés pour poursuivre le massacre. Cette partie fait plus de 20 pages et est aussi énergique (découpage...c'est le cas de le dire...très énergique de Ron Garney qui réserve quelques poses iconiques à son acteur/co-scénariste) qu'un chouïa répétitive sur la longueur. Mais c'est bien brutal (bourrin aussi) et efficace dans sa démonstration des capacités du personnage principal. 

La fin du premier chapitre détaille les opérations par lesquelles B doit passer après chaque mission, plus ou moins avancées selon l'état de ses blessures. Il faudra tout de même attendre un peu pour en savoir plus sur les plans de cette organisation gouvernementale...car les trois épisodes suivants sont consacrées aux origines de B. Le guerrier se souvient de tout...et de même de son premier jour de naissance, quatre-vingt mille ans auparavant...

Les premiers articles et critiques sur la série parlaient de B comme d'un croisement entre John Wick et Wolverine, ce qui n'est guère étonnant. Les numéros 2 à 4 ajoutent à cela une ambiance à la Conan (avec notamment les compositions rappelant Frazetta), marquée par une violence encore plus exagérée. Les scénaristes gardent le mystère sur la naissance de leur création et enchaînent les cases sauvages et sanguinolentes, autant d'expressions d'une soif de sang que le berserker ne peut contrôler. 

Le récit raconté à la première personne est un peu trop décompressé...et il y a par moments comme une sensation de déjà-vu/lu...mais l'action est bien nerveuse, Ron Garney et Bill Crabtree forment un excellent duo à la partie graphique et Keanu Reeves et Matt Kindt distillent quelques éléments intrigants, comme la scène sur laquelle se referme le quatrième épisode, instantané illustrant la malédiction de cet homme qui cherche à échapper à sa condition d'instrument de mort...


En bref

En bonus, le premier épisode de BRZRKR est entièrement commenté par Keanu Reeves et Matt Kindt, les scénaristes revenant ainsi sur leur processus créatif page après page.

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