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Critique de Nevada (Duval/Pécau) #4

par vedge le ven. 7 avril 2023 Staff

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Chats noirs

Depuis plusieurs tomes, l’ombre de Jack London projetait son aura sur le destin de Nevada et Louise.

Pour qui, comme moi, a lu et apprécié ses romans, l’envie de savoir ce qui les liait, au sens romancé d’un scénario inventé bien sûr, nous tenaillait.

Enfin, ce tome 4 lève une partie du voile. Jeunes voleurs d’huitres dans la baie de San Francisco, pour subsister, ils sont repéchés un soir de pas de bol par le skyper Jack London, qui les amène dans un troquet où se fomente une révolution prolétarienne, mi communiste, mi anarchiste, mais se disant socialistes. Alors les deux jeunes gens, esseulés, en manque peut-être de guide ou de soutien, se laissent entrainer dans un nouveau combat de class, plus que de survie.

Cela se passe de meeting en discussions, sur la construction d’une maison, d’une ville, de l’œuvre d’une vie ; Cela se passe jusqu’à une funeste nuit. Une nuit qui décide de leur destin et les éloigne de London qui meurt, plus tard, peut-être tué par l’alcool dont il était addict et qu’il nommait familièrement John Barleycorn, tout en se positionnant pour la prohibition. Si les artistes de génie étaient des êtres simples, ils ne créeraient rien que du vide trompeur.

Pour finir, non content d’un aveu, Nevada doit faire face au chantage, renflouer Louise en faisant évader leur ennemi commun ou rester maître de son destin. Suite et fin au prochain épisode.

La série Nevada, mélangeant western et feu de la rampe, nous a habitué à un grand écart entre le récit et la réflexion sous-jacente de la vision d’une Amérique réelle et fantasmée. Avec cette plongée dans le passé, elle nous interroge sur les évènements qui marquent un destin et orientent une vie.

Loin du rude Far West où le courage et le révolver tracent la route au détriment des natives indiens, on se retrouve avec la face cachée du rêve américain. Celle qui avilie les femmes et les hommes trimant à la chaîne dans l’espoir, vain de se payer une Ford T. celle qui écrase les rêves sous les coups de matraque des briseurs de grève. Qu’il est différent le visage de Nevada, presqu’enfant, pétri d’espoirs. Libre de tout inventer, pêcheur d’huitre, gardien de cœur, âme buissonnière intrépide et honnête. Las, le temps, sur le visage et les rêves déçus crée des rides profondes que le doute investi. Les auteurs ont su créer, au scénario et au dessin, une saga, alimentée par des figures fortes, réelles ou fantasmées, pour faire d’un biker solitaire un héros intemporel un genre de Blueberry. Nevada nous amène dans son monde, entre gris clair et gris foncé. Rien n’y est vraiment beau, mais sa présence étrangement rassurante en éclairci le premier plan.

Nevada est un motard cowboy solitaire qui nous plonge dans ce tome 4 dans le passé qui a construit son présent, et, peut-être, selon ce que laisse présager le plan final, son futur.

En bref

Nevada est un motard cowboy solitaire qui nous plonge dans ce tome 4 dans le passé qui a construit son présent, et, peut-être, selon ce que laisse présager le plan final, son futur.

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