Belle succession de petits chapitres rythmés, délirants et méchants, avec une grosse saga fun mais un peu étirée
HiComics poursuit la diffusion des productions comics inspirées de la série animée à succès Rick et Morty, créée en 2013 sur Cartoon Network, dans la case Adult Swim, par Justin Roiland et Dan Harmon. L'on y suit les aventures temporelles et multidimensionnelles folles, délirantes, violentes, cyniques et méchantes du scientifique brillant mais dépravé Rick Sanchez, accompagné souvent à contre-coeur par son petit-fils doux et naïf, Morty Smith.
Dès 1915, l'éditeur Oni Press a commencé la production et diffusion de comics liés à la série animée, sans s'arrêter depuis. Plusieurs mini-séries et même titres mensuels sortent ainsi très régulièrement, avec même des productions annexes qui éclairent quelques éléments de la production principale (CLIQUER ICI pour la critique de Rick et Morty vs. Cthulhu qui lève un mystère du générique).
En ce début 2026, HiComics poursuit son beau travail d'édition, en proposant la quatrième intégrale des aventures du duo déjanté, dans un volume agréable en mains, souples et doté de plusieurs très bons bonus, allant au-delà des classiques couvertures générales. Ce tome intègre ainsi plusieurs petits épisodes classiques et efficaces, mais aussi la mini-série Pocket Mortys ainsi que ses suppléments qui poursuivent les gentilles moqueries envers les systèmes Pokemon et cartes à jouer. Que du bon, du bête et du méchant au programme, donc !
Mais de quoi parle Rick et Morty - L'intégrale 4, finalement ?
En vrac, dans les segments divers et très rythmés : une invasion d'extraterrestres où Jerry, gendre de Rick et père de Morty, confirme ses grands défauts de communicateur ; un bal de promo où Rick joue malheureusement du clonage pour plaire à Summer, grande soeur de Morty, et Morty lui-même, alors qu'ils sont confrontés à leurs fantasmes devenus réalité ; Morty qui fait une fixation sur les pulsions "hitlériennes" de ceux qui l'entourent, et qui part dans une croisade génocidaire entre les univers pour anéantir tous ceux ayant une tendance hitlérienne ; le retour des programmes honteux et crispants du câble interdimensionnel ; une journée déchirante pour Beth, fille de Rick et vétérinaire abandonnée par sa famille, sa hiérarchie et une partie de ses espoirs. Ainsi que quelques intrigues rapides, où Rick montre notamment à Jerry la "vérité" sur les Reptiliens, ou une fête des mères rêvée de Beth.
Ensuite, la mini-série Pocket Mortys montre, sur cinq épisodes, la quête effrénée, chaotique et violente de Morty, qui se découvre abandonné sur un monde sauvage, rempli de Mortys alternatifs mais aussi de Ricks alternatifs. Son Rick réunit plusieurs Mortys pour monter des combats illégaux, alors qu'un autre Rick traite ses Mortys comme des petits chats... qu'il aime stériliser. L'on croise aussi Beth qui élève des Jerrys pour les faire s'affronter, ainsi qu'une Assemblée de Ricks, qui ont créé un dogme pour tout organiser, mais le Rick de Morty semble vouloir les faire tomber...
On le comprend, cette quatrième intégrale de Rick et Morty reste bien heureusement dans la même optique que les comics précédents, ainsi que la série animée elle-même. L'on peut ici séparer les épisodes solos et la mini-série en elle-même, avec des résultats différents, mais toujours un vrai mauvais esprit, une ambiance cynique, de l'humour gras mais efficace, et constamment une énorme ingéniosité dans les événements et les rebondissements.
Sur les épisodes solos, le résultat est bon et agréable. Les scénaristes Kyle Starks, Sean Vanaman & Olly Moss reprennent bien les principes connus, reconnus et efficaces, avec une bonne gestion du rythme. On retrouve évidemment moins bien les bruits de bouches de Rick ou le bégaiement de Morty, mais l'on est bien pris dans le dynamisme des événements, avec de bonnes fins à chute.
Graphiquement, l'essentiel des planches restent basées sur les designs de la série animée, et CJ Cannon, Kyle Starks, Benjamin Dewey et Marc Ellerby restent dans le canon reconnaissable. A noter cependant le style de Starks sur le câble dimensionnel, bien plus crade et rude, et celui de Dewey pour le segment très touchant et humain sur Beth, celui-ci étant la petite pépite de l'ensemble.
Concernant Pocket Mortys, la référence à Pokemon et aux jeux de cartes similaires est cool, d'autant que l'intrigue est sous-titrée : "Soumettez-les tous !". Tini Howard, connue ces dernières années pour plusieurs productions Marvel, tient bien son concept et ses personnages, mais les cinq épisodes sont en soi un peu longs.
Une telle intrigue est bonne, mais Rick et Morty gagne souvent en force par un format court pour les histoires. Poursuivre ainsi sur le long cours est pertinent pour aller loin, mais l'ensemble devient un peu poussif sur la fin, alors que les situations se ressemblent quelque peu (premier camp de Mortys, deuxième camp de Mortys, le camp des Jerrys...). De même, les rôles de Jesse et de l'Assemblée ne sont pas vraiment clairs, et cela amenuise le plaisir de lecture venu de ces gros délires, fort joliment dessinés par Marc Ellerby.
En bref
Cette quatrième intégrale est cool, en demeurant dans la ligne droite des comics passés et de la série animée principale. Les segments solos sont dynamiques, intenses, bien bêtes, bien méchants et bien efficaces, avec un chapitre déchirant sur Beth. La mini-série singeant Pokemon est assez fun, brutale, violente et délirante, mais elle est un peu longue sur la fin. Cela ne gêne pas la lecture d'un tome bien cynique, bien rude, qui tape là où ça fait mal et fait rire bien et gras !
Positif
Des histoires dans la ligne droite de la série animée, entre grand respect et belles inventivités.
De l'humour bête et méchant, mais riche et qui fait vraiment ricaner.
Une belle édition, avec de bons bonus et un bel objet, agréable en mains.
Negatif
Un complément à la série animée plus qu'une production indispensable en elle-même.
La mini-série Pocket Mortys cool, mais un peu trop longue sur la fin.
L'absence du jeu sur les sons de la série animée, difficile à reproduire en BD.









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