Critique de Un Récit Complet Marvel #21
par Le Doc le jeu. 23 juil. 2026 Staff
Pleure, ô pays maudit !
Il s'est écoulé neuf ans entre les deux premiers volumes des titres Black Panther. En effet, la première série initiée par Jack Kirby s'est terminée en 1979 et la deuxième, une mini-série, a été publiée en 1988 (et l'année suivante chez nous dans la collection Un Récit Complet Marvel). Mais l'écart aurait pu être moins important car le scénariste Peter B. Gillis et le dessinateur Denys Cowan avaient commencé à travailler sur le bouquin vers 1982/1983 ! Après un run sur Power Man & Iron Fist et quelques histoires courtes/fill-in, le jeune Denys Cowan (qui avait alors la vingtaine) se voit proposer une mini-série sur le roi du Wakanda...et pour lui, il était obligatoire de traiter de sujets importants, comme l'Apartheid et la lutte contre le racisme, avec un tel personnage.
Mais alors qu'il avait terminé le troisième numéro, Denys Cowan a été appelé par Jim Shooter, qui était alors le grand chef de Marvel et qui lui a annoncé sa décision d'annuler la mini-série (sujet trop brûlant ? D'après Cowan, Shooter lui aurait dit après avoir lu le premier numéro "on dirait que les blancs tuent tous les noirs, on ne peut pas publier çà alors qu'on vend beaucoup de comics en Afrique du Sud""), provoquant la colère de Cowan qui a claqué la porte. Environ 5 ans plus tard, le dessinateur est rappelé par l'éditorial de Marvel (Shooter n'était bien évidemment plus là) pour terminer la mini-série, dessiner le dernier épisode et ajouter trois pages au premier pour améliorer la narration.
Je n'avais pas relu ce Récit Complet Marvel depuis une vingtaine d'années (au moins) et je le trouve aussi intéressant qu'inégal. T'Challa est pris entre plusieurs feux. L'esprit de la Panthère semble l'avoir abandonné, ce qui provoque des questionnements au sein de son gouvernement. Et la révolution gronde dans la petite nation voisine d'Azanie, aux habitants soumis à la violente répression d'un gouvernement raciste. Le chef militaire d'Azanie dispose aussi de sa propre milice costumée, des méta-humains appelés les Suprêmistes. Et pendant ce temps, une créature sème les cadavres en Azanie...
Si le déroulement du récit ne manque pas de péripéties et de scènes d'action souvent brutales, je trouve que certains personnages secondaires auraient mérité d'être un peu mieux développés (comme les amis de T'Challa qui l'aident dans l'ombre) et la résolution de l'intrigue n'est pas totalement satisfaisante (mais avec un sujet si sensible ce n'est pas si surprenant). Graphiquement, c'est pas mal, le trait est rugueux, les ambiances sont bien travaillées...mais j'ai un peu de mal avec la représentation de T'Challa dont le visage ressemble un peu trop souvent à un "homme-chat"...








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