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Critique de Dragon Ball Super #2

par fr4g le mer. 27 déc. 2017

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Dragon Ball Super. Exercice extrêmement difficile que d'écrire une suite a une oeuvre culte, chargée d'affect, de souvenirs imprécis mais chargés d'émotions. Une des difficulté vient d'ailleurs du fait que l'oeuvre est ancienne... et donc qu'il n'y a pas que les souvenirs de l'oeuvre en elle même, mais également les souvenirs d'une époque. Souvenirs du club Dorothée et de ses après-midi télé après l'école pour certains, premiers pas dans le monde du manga pour d'autres. Ou encore choc artistique tant l'oeuvre originale était différente par rapport à la concurrence de l'époque. C'est là que risque d'apparaître le premier biais qui nous ferait mésestimer DBS. Le biais de nostalgie, le risque de juger DBS aux affects que nous procure DBZ. Est-ce qu'on juge DBZ pour ce qu'il est ou pour ce qu'il représente pour nous ? Pire, pour ce dont on croit se souvenir de ce qu'il est ? Une fois ce biais identifier on peut passer au suivant : l'attente fanstasmée. Ces histoires que l'on a imaginé à la suite de nos lectures et de nos relectures de l'oeuvres. Qu'on fait Goku et Oob à la fin du championnat interrompu du tome 42 ? Piccolo est-il resté à glander chez Dieu ? Végéta s'est-il fait pousser la moustache ? (non, non, NON !...bref, désolé). Est-ce que ce que Toriyama et Toyotaro ont imaginé est proche de ce qu'on a fantasmé ? Et si non ? Ont-il tort de ne pas coller à nos fantasmes ? En tant qu'auteurs ils sont partiellement libre, dans le sens qu'à partir du moment où un auteur publie son oeuvre, elle ne lui appartient plus totalement vu que les lecteurs se l'approprient (à votre avis pourquoi certains auteurs trainent autant les pieds avant de publier quelque chose ?). Ils ont donc une certaine responsabilité face à leurs lecteurs. Non pas de produire quelque chose qui colle à nos fantasmes, mais quelque chose qui garde l'ambiance, l'univers, la cohérence de la précédente oeuvre. Bref, une certaine continuité. Compliqué hein ?! Et ici qu'est ce qu'on à ? Un pari. Le pari de changer de logique. Ou plutôt de revenir à une logique, abandonner celle de DBZ et revenir à Dragon Ball. Celle où l'humour et l'ingéniosité sont au coeur du récit. Dragon Ball GT (oui, on est obligé de le citer) est passé par là. Cette course au toujours plus fort est une impasse. Les ennemis toujours plus puissants les uns que les autres s'enchainent, à tels point qu'on les oublis, n'étant qu'une difficulté anecdotique avant la prochaine dans un cycle sans fin ni intérêt. Qui plus est d'autres oeuvres contemporaines de DBZ sont passées par là. Bleach, Naruto ont récupérés cette course à la puissance. Pour un résultat final similaire d'ailleurs. Bref, notre duo d'auteurs devaient proposer autre chose. Ils ont donc décidés d'être moderne, d'adapter Dragon Ball aux nouveaux canons du shonen tout en gardant l'univers. Actuellement être fort ne suffit plus. Il faut être malin, travailler en équipe, planifier des actions, se coordoner avec d'autres, échanger. Ce n'est plus le combat d'un homme contre un autre, mais d'un groupe contre un autre. Poussé à l'extrême ça donne des "Death Note/Platinum End" ou des "Jusqu'à ce que la mort nous sépare" dans le côté panification et stratégie. De manière plus subtile on à Ajin. Vers la fin Bleach et Naruto parlaient stratégie, Hunter X Hunter en fait son maître mot (et avec brio). Comment l'oeuvre culte qu'est Dragon Ball aurait-elle pu revenir sur le devant de la scène en faisant l'impasse sur cette nouvelle réalité, cette nouvelle méta du manga moderne ? Alors on assite dans ces deux premiers tome à une mise à mort. Une mise à mort de l'ancienne logique de DBZ. La course à la puissance n'a plus autant d'importance, elle n'est plus centrale. Elle à fait son temps, elle à fournit de magnifique moment de manga, des combats dantesque...Mais elle est terminée. Dragon Ball avait des fulgurances tactiques. Krillin se servant de Tortue Géniale pour asperger de sang l'Homme Invisible de Mamie Voyante. San Goku qui casse le mur de la tour du Ruban Rouge pour geler puis casser le monstre invulérable qui menaçaient. San Goku qui cache volontairement sa maîtrise de la danse de l'air à Piccolo pour s'en servir en dernier recours. Dans DBS désormais on peut avoir la capacité de détruire un système solaire en une seule attaque et se retrouver acculer face à un être de métal (et gagner de manière totalement imprévue et décalée). On peut perdre face à un adversaire moins fort mais plus malicieux et cachottier. La puissance n'est plus l'apha et l'oméga de l'oeuvre. Ces premiers tomes de DBS ne sont pas transcendant. Mais ils font le travail ingrat de réorienter l'oeuvre vers une nouvelle logique. De déconstruire suffisamment le récit précédent pour prendre une nouvelle voie scénaristique. D'étouffer les braises de notre fanboyisme idiot. Sans panache peut-être. Sans souffle épique pour l'instant. Mais personnellement je fais confiance à ce binôme pour nous réenchanter. Il y a 30 ans maintenant, Toriyama à révolutionner le manga. Je ne pense pas que DBS ai cette prétention. Toutefois, lui et Toyotaro sont très certainement capable de poursuivre cet univers...Mais différement que ce à quoi on s'attendait. Hé ! A quoi ça servirait de lire des mangas si on n'était pas surpris ? Intrigué ? Emerveillé ? Impliqué ?

En bref

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