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Critique de S.O.S. Bonheur

par ginevra le jeu. 27 août 2015 Staff

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Dans un futur proche (peut-être très proche), l’Etat s’occupe de tout à condition que l’on soit bien enregistré dans l’ordinateur central !!
Le 1e chapitre montre un homme qui va être broyé pour avoir simplement voulu savoir à quoi servait son travail et en quoi il consistait… erreur fatale, il faut obéir sans se poser de questions !
Le 2e montre une femme qui va se mettre en marge du système de santé obligatoire (gratuit, mais payé par les prélèvements sur salaire de base + les amendes pour mauvais comportement vis-à-vis de la santé)… mais elle se retrouvera démunie quand sa fille tombera malade.
Le 3e présente le système de vacances organisées obligatoires et réparties sur toute l’année : un club de vacances poussé à l’extrême avec infantilisation des participants… bien sûr, l’été est réservé aux élites !
Le 4e montre l’effet de la centralisation des données quand un grain de sable arrive et que vous n’existez plus…
Le 5e parle du contrôle de la démographie et de la vie marginale des enfants nés sans autorisation !!
Le 6e évoque le monde merveilleux des productions artistiques agréées par l’Etat avec créateurs diplômés et payés (et logés) selon leur niveau dans la grille… à condition que leurs œuvres ne montrent que le bon côté des choses !
La conclusion, au titre évocateur de « révolution », présente la rébellion d’un brave commissaire (proche de la retraite) après sa découverte d’une photo impossible, en théorie, où on voit des gens qui n’existent pas !!

Pour beaucoup de lecteurs, ces thèmes sont des classiques de la Science-Fiction (romans ou films), mais la série a été créée en 1980. Au départ, cela devait être une série télévisée, puis c’est devenue une bande dessinée en 1988 sur demande de Philippe Vandooren, rédacteur en chef de Spirou, et l’un des premiers albums de la collection « Aire Libre ». Bien sûr Van Hamme a sans doute été influencé par des auteurs de romans ou des cinéastes dont peut-être Franz Kafka, Philip K. Dick, George Orwell, le roman « la guerre éternelle » d’Haldeman, le film « Alphaville » de Godard…

Van Hamme a écrit une postface en décembre 2000 pour cette intégrale : « vingt ans après, état des lieux » où il remarque que certains points de la série sont devenus réels ou l’ont été soit en Europe, soit ailleurs dans le monde : mise en fichier systématique, contrôle des naissances, écrivains sous contrôle… Il cite La Fontaine pour sa fable « Le loup et le chien » à propos de la liberté et de la soumission aux contraintes.
Griffo a dessiné ici l’une de ses premières séries et l’on sent certaines influences dans ses graphismes de cette période.

La fin de l’histoire est extrêmement pessimiste concernant les tenants et aboutissants d’une révolution… et qui évoque le cercle vicieux qui fait qu’une révolution abat un régime pourri avant de mettre en place un nouveau régime qui deviendra lui-aussi pourri… et générera une révolution… et ainsi de suite (révisez vos livres d’Histoire !).

Donc un indispensable dans toute BDthèque qui se respecte.

En bref

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