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Critique de Outcast #1

par Le Doc le sam. 25 avril 2015 Staff

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Comme le souligne Robert Kirkman dans sa postface, "The Walking Dead" n'est pas un comics d'horreur. Je préciserais pour ma part que ce n'est pas QU'UN comics d'horreur. Les éléments horrifiques sont présents bien entendu, avec la figure iconique du zombie, mais le plus gros succès à ce jour du scénariste est aussi un récit post-apocalyptique qui parle avant tout des survivants. Cette volonté de placer l'individu en avant se retrouve aussi dans "Outcast", sa nouveauté qui connaît déjà un joli démarrage (et qui a également été optionnée pour la télévision, la première saison étant en cours de production).
"Outcast" est cette fois-ci présenté comme un vrai comics d'horreur par son auteur qui livre son interprétation d'un sujet phare du genre : l'exorcisme et les possessions démoniaques.

Lorsque l'on rencontre le héros, Kyle Barnes, celui-ci vit reclus, amoindri par ses expériences passées, par les événements qui ont conduit sa mère à la folie et qui lui ont coûtés son mariage. Seule sa soeur adoptive Megan accepte encore de lui parler et de le secouer, au grand dam de son mari Mark, un policier. Même s'il cherche à tout refouler, Kyle est en fait persuadé qu'une malédiction lui colle aux basques depuis qu'il est enfant, qu'une force étrange s'en prend à tous ses proches. Sa rencontre avec le révérend Anderson, qui sollicite son aide pour un exorcisme, va alors lui faire prendre conscience de la vérité : les démons sont sur Terre...et il a le pouvoir de les combattre.

L'horreur surgie du quotidien...c'est une des constantes du genre que j'affectionne particulièrement. Contrairement au zombie, la menace est ici plus insidieuse et peut venir de l'endroit...ou de la personne à laquelle vous vous attendez le moins. Kirkman prend le temps de développer ses principaux personnages, de construire leurs histoires, leurs relations et de les ancrer dans un environnement qu'il connaît bien. Les révélations concernant le passé de Kyle se font au compte-gouttes, notamment via des flashbacks judicieusement placés. Les scènes-chocs sont bien découpées, la tension montant graduellement jusqu'à l'explosion de violence (sans que ce soit excessivement gore).

Il y a comme un faux rythme qui se dégage de ce premier arc, ce qui n'est pas particulièrement gênant. Cela permet par exemple de s'attacher aux différents protagonistes, au duo que forment Kyle et le révérend Anderson, à l'exploration de la cellule familiale des Barnes. Après une première scène accrocheuse, l'élément fantastique est amené progressivement, les paroles énigmatiques des possédés et les actions de l'Homme en Noir participant au fur et à mesure à alimenter le suspense et le côté intrigant du plan d'ensemble concocté par Robert Kirkman.

L'horreur, qu'elle soit psychologique ou visuelle, n'est pas toujours le genre le plus facile à rendre en bande dessinée. Il faut un dessinateur capable d'instaurer l'atmosphère adéquate. Paul Azaceta remplit parfaitement cette fonction, grâce à ses personnages expressifs, ses mises en pages soigneusement composées (avec notamment ces pastilles qui se découpent sur trois ou quatre grandes cases afin de mettre l'accent sur un détail particulier et de renforcer certains effets), le placement des ombres (essentiel dans l'efficacité des ambiances ténébreuses du récit). Les couleurs de Elizabeth Breitweiser ne sont pas en reste (elles renforcent par exemple le caractère oppressant des flashbacks).

Au final, et malgré quelques longueurs, un premier tome prometteur !

En bref

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