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Critique de Britannia #3

par bulgroz le mar. 16 avril 2019 Staff

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Britannia T.3

Durant la neuvième année après J.C., l’armée romaine subit une lourde défaite en Germanie. On s’en souvient aujourd’hui comme de la bataille du Teutobourg.
Les événements se déroulèrent dans la forêt du même nom et trois légions romaines y perdirent leur aquila, ces fameuses enseignes précédant les soldats, fierté et symbole de la grandeur de Rome. Cette perte est un tel déshonneur dans l’esprit romain qu’une campagne fut menée afin de les récupérer.

Peter Milligan part de cet événement historique et documenté afin de dérouler, comme dans les précédents volumes, une histoire d’enquête menée par Antonius Axia, premier et meilleur détective de Rome (et du monde, tant qu’à faire).

La cohérence historique s’arrête là puisque Néron n’est pas contemporain de la bataille du Teutobourg qui s’est passé presque trente ans avant sa naissance...
Peu importe au final, on l’a bien compris depuis le premier opus, le respect de l’histoire n’est pas le principal souci de l’auteur, loin s’en faut.
Milligan s’efforce en fait de réaliser un récit de genre, accumulant les personnages, les situations et les représentations archétypales que l’on partage de la Rome antique. Ainsi, après les forêts brumeuses de la Bretagne, après la décadence et la folie d’un Empire romain sur le déclin, les auteurs nous entraîne en Égypte sur la trace des aigles perdus de Rome, entre superstitions, croyances et raison pure.

Je dois dire que je m’attendais à pire en ouvrant le livre. Sur la seconde de couverture, on voit des légionnaires romains hisser un aigle en haut d’un monticule, reprenant ainsi la pause des soldats américains du mémorial du corps des Marines… L’aigle étant à la fois l’emblème de Rome et des Etats-Unis, je pensais me lancer dans un comic foireux ou l’auteur chercherait à rapprocher Rome et les États-Unis à tout bout de champ, ce n’est pas le cas et c’est tant mieux.
Même si un Trump-Néron aurait de l’allure, ce n’est pas le propos.

Ce troisième tome des aventures du Sherlock Holmes romain est plutôt agréable à lire, l’intrigue, même si elle n’est pas révolutionnaire nous tient en haleine et l’opposition superstition/raison est toujours une bonne idée même si j’aimerais bien retrouver l’atmosphère pesante et effrayante du premier tome.

Côté dessins, Robert Gill remplace Juan Jose Ryp, c’est une bonne idée, son dessin est plus clair, les visages moins déformés, il apporte une touche de fraîcheur à une série qui semble décidément pouvoir durer assez longtemps…

En bref

Le troisième tome des aventures d'Antonius Axia est plutôt réussi, Britannia semble s'installer dans la durée. Un bon récit de genre.

7
Positif

Le mélange des genres

Une série qui s'installe dans le temps

Un changement de casting

Negatif

Une intrigue peu innovante

L'américanisation sous-jacente

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