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Critique de Les passagers du vent #9

par vedge le mar. 6 déc. 2022 Staff

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Une histoire peu commune

Quarante trois ans après le début de la série « Les passagers du vent » dans Circus, ce tome clôt uen série marquante de la bande dessinée. Elle raconte, sur terrer et sur mer, la part douloureuse prise par les femmes dans les guerres et les révolutions. Dans un précédent tome, l’auteur répondait à Zabo disant « la guerre fait de nous des monstres », « Non, c’est parce que nous sommes des monstres, que nous faisons la guerre », le diptyque du temps des cerises l’illustre bien.

J’ai relu les quatre derniers tomes. Si le dessin de Bourgeon m’avait marqué depuis ses débuts, j’ai redécouvert la qualité des dialogues. D’Isa à Zabo et Klervi, les femmes marquent la série et l’œuvre de Bourgeon. Leur tristesse, le sort qui les poursuit, les fait trembler, hurler de douleur et parfois d’impuissance, mais jamais ne les abat. La vie, parfois, ressemble à un enfer, mais comme le dit l’auteur « l’enfer n’est que le nom que l’on donne aux paradis qui ont eu l’imprudence d’ouvrir leurs portes à l’homme ».

Ce deuxième livre, dense, long de 130 pages, est en grande partie un récit historique de la Commune de Paris et des communards. Epris de liberté, d’égalité et de justice, ils ont combattu ensemble, illustrant une parfaite fraternité. Ils ont mis en pratique les mots gravés au fronton des mairies, avant que leur juste révolution ne soit écrasée dans le sang. Pour que les braves gens puissent dormir en paix, ceux qui restaient ont été déportés dans les bagnes ou les îles, durant des années, dans des conditions les plus rudes, en attendant une amnistie qui a tardée à venir.

Maître de son sujet, ayant une grande et précise connaissance des faits et des acteurs de la Commune, Bourgeon a voulu, je pense, trop bien faire pour apporter ces informations au plus grand nombre et certains passages, trop détaillés et avec trop de dialogue descriptif, sont un peu long à lire.

Pour le reste, on retrouve le souffle de la liberté à tout prix, le vent du large même pour des prisonnières, un dessin au trait fin et juste, avec une grâce particulière dans les visages et les corps féminins.

Le cycle du temps des cerises rajoute sur la trame historique de la grande histoire, les destins croisés de deux femmes qui finissent par se lier, s’entremêler. On pourrait comparer le scénario à un film de Lelouch. Deux femmes, deux destins, deux chemins tortueux qui, hasard ou coïncidence, se croisent, un jour précis ; Elles s’apprivoisent, se comprennent, se relie, dans leurs blessures et leur force de caractère. Pour finir, face à la mer de ces côtes bretonnes où l’auteur vit depuis vingt ans, elles balbutient, hésitantes à tisser un lien familial, qui les impressionne et les étreint.

Un final plein de tendresse pour une épopée dramatique familiale qui, sur la terre et l’eau, aura magnifié une lignée de femmes libres et dure au mal, grâce à un dessin précis de calligraphe, des dialogues philosophiques et une documentation d’historien. Quarante ans d’un souffle de liberté qui ne s’est jamais éteint.

En bref

Un final plein de tendresse pour une épopée dramatique familiale qui, sur la terre et l’eau, aura magnifié une lignée de femmes libres et dure au mal, grâce à un dessin précis de calligraphe, des dialogues philosophiques et une documentation d’historien. Quarante ans d’un souffle de liberté qui ne s’est jamais éteint.

7
Positif

Une série qui fête ses 40 ans

Un dessin superbe qui magnifie les personnages

Une histoire d'aventures, de femmes, d'océans et de liberté

Negatif

Des passages descriptifs de la chronologie de la commune un peu lourd

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